Exégèse de la sourate 87 Al A’la (Le Très Haut)
﷽
Au nom d’Allah le Tout Miséricordieux le très Miséricordieux
1. Glorifie le nom de ton Seigneur, le Très Haut,
2. Celui Qui a crée et agencé harmonieusement,
3. qui a décrété et guidé,
4. et qui a fait pousser le pâturage,
5. et en a fait ensuite un foin sombre.
6. Nous te ferons réciter (le Coran), de sorte que tu n’oublieras
7. que ce qu’Allah veut. Car, Il connaît ce qui paraît au grand jour ainsi que ce qui est caché.
8. Nous te mettrons sur la voie la plus facile.
9. Rappelle, donc, où le Rappel doit être utile.
10. Quiconque craint (Allah) s'[en] rappellera,
11. et s’en écartera le grand malheureux,
12. qui brûlera dans le plus grand Feu,
13. où il ne mourra ni ne vivra.
14. Réussit, certes, celui qui se purifie,
15. et se rappelle le nom de son Seigneur, puis célèbre la Salat.
16. Mais, vous préférez plutôt la vie présente,
17. alors que l’au-delà est meilleur et plus durable.
18. Ceci se trouve, certes, dans les Feuilles anciennes,
19. les Feuilles d’Abraham et de Moïse.
Exégèse de la sourate Al A’la par Al Utaymin
سورة الأعلى
مكية وأياتها 19 نزلت بعد التكوير
- Le Très-Haut
Sourate mecquoise, descendue après L’Obscurcissement -at takwir ». Elle compte dix-neuf versets
( بسم الله الرحمن الرحيم )
( سبح اسم ربك الأعلى {1} الذي خلق فسوى {2} والذي قدر فهدى {3} والذي أخرج المرعى {4} فجعله غناء أحوى {5} سنقرؤك فلا تنسى {6} إلا ما شاء الله إنه يعلم الجهر وما يخفى {7} ونيسرك لليسرى {8} فذكر إن نفعت الذكرى {9} سيذكر من يخشى {10} ويتجنبها الأشقى{11}الذي يصلى النار الكبرى {12} ثم لا يموت فيها ولا يحيى {13}
Au nom d’Allah le Tout-Miséricordieux le Très-Miséricordieux
1.Glorifie le nom de ton Seigneur le Très-Haut
- Lui qui créa et agença harmonieusement
- Lui qui détermina la mesure et guida
- Lui qui fait pousser les prairies
- pour en faire du fourrage desséché
- Nous te ferons réciter [le Coran] si bien que tu ne l’oublieras pas,
- sinon ce qu’Allah voudra [te faire oublier] : II connaît ce qui paraît au grand jour ainsi que ce qui est caché
- Et Nous te faciliterons l’accès à la facilité
- Rappelle à chaque fois que le rappel est bénéfique
- L’observera celui qui craint,
- s’en écartera le grand malheureux
- qui entrera dans le feu majeur,
- où il ne mourra ni ne vivra
bismi-l-lahi-r-rahmâni-r-rahîm
- sabbihisma rabbika-l-a ` lâ
- al-ladhî khalaqa fa sawwâ
- wa-l-ladhî qaddara fa hadâ
- wa-l-ladhî akhraja-l-mar ` â
- fa ja ` alahu ghuthâ’an ahwa
- sanuqri’uka fa lâ tansâ
- illâ mâ shâ’a-l-lâh, innahû ya ` lamu-l-jahrâ wa mâ yakhfâ
- wa nuyassiruka li-l-yusrâ
- fa dhakkir in-nafa ` ati-dh-dhikrâ
- sa yadh-dhakkaru ma-y-yakhshâ
- wa yatajannabuha-l-ashqâ
- al-ladhî yasla-n-nâra-l-kubrâ
- thumma lâ yamûtu fîhâ wa lâ yahyâ
Nous avons déjà parlé de la basmalah et qu’il s’agit d’un verset du Livre d’Allah qui est indépendant. Elle ne fait donc pas partie de la sourate de l’Ouverture, ni de la sourate « La Vache », ni de la sourate « La Famille de `Imrân», ni de n’importe quelle autre sourate du Coran.
C’est un verset indépendant descendu au début de chaque sourate sauf pour la sourate « Le Repentir ».
- (Glorifie le nom de ton Seigneur le Très-Haut):
Le discours ici est adressé à l’Envoyé d’Allah ﷺ. Cette allocution, dans le Coran sublime, est de trois sortes :
1- Quand on a la preuve que ce discours est adressé spécialement au Prophète ﷺ, on dit qu’il lui est propre.
2- Quand on a la preuve que ce discours est général, on dit qu’il est adressé à tout le monde.
3- Quand on n’a pas de preuve ni pour l’un ni pour l’autre, on dit que selon son sens littéral, il est spécialement adressé au Prophète ﷺ mais que sa portée est générale s’il concerne le Prophète ﷺ et l’ensemble de la communauté.
Exemple du premier cas :
Allah le Très-Haut a dit : (N’avons-Nous pas dilaté ta poitrine ? Ne t’avons-Nous pas délesté du fardeau ?).38
Il a dit : (Nous t’avons mandé aux humains comme Envoyé).39 Il est évident que ce discours est spécifiquement adressé au Prophète ﷺ.
. Exemple troisième cas -c’est-à-dire un discours adressé à L’Envoyé d’Allah ﷺ, mais dont le contexte prouve sa généralité- :
Le Très-Haut a dit : (Ô Prophète, quand vous répudiez les femmes, et bien ! Ne le faites qu’en respectant leur délai de viduité).40 Allah a adressé d’abord le discours à l’Envoyé ﷺ en disant : (Ô Prophète). Il n’a pas dit : « Ô vous qui croyez, quand vous répudiez les femmes », mais Il a dit : (Ô Prophète, quand vous répudiez les femmes), et Il n’a pas dit : « Ô Prophète, quand tu répudies… », mais plutôt : (Ô Prophète, quand vous répudiez les femmes), ce qui prouve que le discours est adressé à lui et à toute la communauté. Quant aux exemples du deuxième cas, ils sont très nombreux.
Dans cette sourate Allah ﷻ dit : (Glorifie le nom de ton Seigneur le Très-Haut).
Le verbe (sabbih (Glorifie)) signifie « exempte -nazzih- Allah de tout ce qui n’est pas digne de Sa majesté et de Sa grandeur ». Le « tasbÎh » est à prendre dans le sens du tanzîh, visant à exempter Allah de tout mal, tout défaut et de toute imperfection. D’ailleurs parmi les noms d’Allah le Très-Haut il y a as-Salâm et al Quddûs parce qu’Il est exempt de toute imperfection. 41
38 « Coran, ash-sharh (S.94), 1-2.
39 Coran, an-nisa (S.4), 79.
40 Coran, at–talâq (S.65), 1.
Exemple:
Comme I’on sait, la vie est un attribut d’Allah. Sa vie n’est affectée d’aucune imperfection à tous points de vue, contrairement à celle des créatures qui est imparfaite. Avant leur création, elles n’étaient rien c’est à dire qu’elles ne sont pas prééternelles d’une part, et d’autre part, la mort les attend, comme a dit le Très-Haut : (Tous ceux qui peuplent la surface de la terre sont voués à l’anéantissement).42
L’ouie d’Allah ﷻ ne comporte aucune imperfection. Il entend toute chose. Ainsi dans l’histoire de la femme qui était venue se plaindre auprès du Prophète ﷺ de l’attitude de son époux à son égard, ` Âisha رضي الله عنها raconte que cette femme discutait à voix basse avec le Prophète ﷺ dans une chambre sans pouvoir entendre tout ce qu’ils se disaient. Quand Allah a fait descendre à son sujet le verset suivant : (Allah a bien entendu les propos de celle qui protestait auprès de toi contre [l’acte de] son époux, élevant sa plainte vers Allah et Allah a bien entendu votre échange. Il est Audient, Clairvoyant).43 ` Âisha رضي الله عنها s’exclama : « Louange à Celui dont l’ouïe embrasse toutes les voix ! ».44
A propos de la parole d’Allah : (le nom de ton Seigneur le Tris Haut), certains commentateurs ont dit qu’elle signifie : « Celui qui a pour nom-musammâ– « Ton Seigneur »», parce que la glorification tasbîh– ne concerne pas le nom mais Allah Lui-même ». Or son sens pertinent est le suivant : « Glorifie-sabbih-ton Seigneur en évoque Son nom », ce qui veut dire : «ne Le glorifie pas par le coeur seulement, mais glorifie-Le par le cœur et la langue en évoquant Son nom ». Pour ce qui appuie cette explication, nous trouvons la parole suivante du Très-Haut : (Glorifie [-Le] en usant du nom de ton Seigneur le sublime).45 En effet la glorification -tasbîh– d’Allah le Très-Haut peut se faire par le cœur, en ayant la conviction- ` aqida- [qu’Il est exempt de toute imperfection], ou par la langue, ou par les deux.
(ton Seigneur) :
Le Seigneur –rabb- a pour sens le Créateur, le Possesseur et le Géra de toutes les affaires. Les associateurs confessent en effet cette réalité.
42Coran, ar-Rahumán (S.55), 26.
43Coran, al-mujâdala (S.58), 1.
44Hadith rapporté par an-Nasâ’î(n° 3460), et Ibn Mâja (nº 188).
45 Coran, al-wâqi`a (S.56), 96.
ainsi que le Très-Haut le dit : (Certes, si tu leur demandes : « Qui a créé les cieux et la terre ? », ils diront très certainement : « Allah !»)46, (Si tu leur demande qui les a créés, bien sûr qu’ils répondent : « Allah ! »).47 » (Dis : « Qui donc vous accorde votre subsistance du ciel et de la terre ? Qui possède votre ouïe et votre vue ? Qui fait sortir le vivant du mort et le mort du vivant ? Qui administre l’affaire [de toute chose] ? », ils (les associateurs) te répondront : « C’est Allah »)48. Ils reconnaissent à Allah la royauté, la gérance et la création, mais ils adorent avec Lui d’autres divinités, or cela relève de leur ignorance ; comment peut-on reconnaître qu’Allah seul est le Créateur, le Possesseur et le Gérant de toute chose tout en adorant quelqu’un d’autre avec Lui ? C’est contraire à la raison, car quiconque confesse cela doit nécessairement n’adorer qu’Allah, comme le démontrent de nombreux versets, comme par exemple celui-ci : (Ô vous les hommes ! Adorez votre Seigneur qui vous a créés vous et ceux qui vous ont précédés) 49, ce qui veut dire : « N’adorez personne d’autre ».
(le Très-Haut):
Le nom (al a`lâ (le Très-Haut)) vient du ` uluw qui est l’élévation. L’élévation d’Allah est de deux sortes : une élévation relative à l’attribut- ` uluwwu sifah– et une élévation relative à l’essence – ` uluwwu dhât-.
Pour ce qui est de l’élévation relative à l’attribut, sachons que les attributs les plus parfaits appartiennent à Allah, comme Il le dit : (c’est à Allah que revient le qualificatif suprême).50
Quant à l’élévation relative à l’essence, Allah le Très-Haut est au-dessus de Ses créatures, Il est établi sur Son trône. Quand l’homme dit : « Allah ! », il lève instinctivement les yeux vers le ciel. Ainsi quand tu dis : (le Très-Haut), tu as la sensation qu’Allah est élevé par Ses attributs et qu’il est élevé par Son essence. C’est pour cela que quand le fidèle se prosterne, il dit : « Gloire à la transcendance de mon Seigneur le Très-Haut ». Pendant qu’il se baisse pour se prosterner, il se rappelle l’élévation et la transcendance d’Allah. En effet, lors de la prosternation, le fidèle fait baisser la partie
46Coran, Luqmân (S.31), 25.
47Coran, az-zukhruf (S.43), 87.
48 Coran. Yûnus (S.10), 31.
49Coran, al-baqara (S.2), 21.
50Coran, an-nahl (S.16), 60.
la plus haute et la plus noble de son corps qui est son visage pour la poser sur le sol, ce sol que les gens piétinent. Il est donc conforme à la sagesse qu’il dise dans cette position : « Gloire à la transcendance de mon Seigneur le Très-Haut », c’est comme s’il disait : « J’exemple. unazzihu-mon Seigneur, qui est au-dessus de toute chose, de tout rabaissement. Et comme preuve pratique de cela, je m’incline très bas et je glorifie la transcendance d’Allah qui est très haut par Ses qualités et très haut par Son essence ».
. (Lui qui créa et agença harmonieusement) :
Sa parole : (Lui qui créa) signifie qu’Il a fait exister toute chose à partir du néant. C’est Allah qui fait exister toutes les créatures. Il a dit -béni et élevé soit-Il- : (Ô Hommes, un exemple vous est proposé auquel vous devriez prêter l’oreille. Ceux que vous invoquez en dehors d’Allah ne créeront jamais une mouche quand bien même ils se réuniraient tous à cette fin ; et si la mouche leur dérobait quelque objet, ils ne pourraient se le faire restituer).51
Si toutes les divinités qui sont invoquées en dehors d’Allah, tous les rois, tous les présidents, tous les scientifiques se réunissaient pour créer une mouche, ils ne pourraient pas le faire. Ils se vantent d’avoir créé des robots, mais ces robots ne sont que des machines qui ne peuvent se mouvoir que par commande [électromagnétique]. Ils ne ressentent ni la faim, ni la soif, ni la chaleur, ni le froid. Personne ne peut créer ne serait-ce qu’une mouche à part Allah. Allah -exalté et élevé soit-Il- est le seul Créateur. Il crée les choses par une seule parole, comme Il l’a dit dans ce verset : (Le cas de Jésus, auprès d’Allah, est comparable au cas d’Adam ; Il le créa à partir de la terre et II lui dit : « Sois » et il fut) 52 et ce verset : (Son ordre, quand Il veut une chose, tient à ce qu’Il dise : « Sois », et elle est). 53
Après leur vie, les créatures connaîtront la mort. Certaines seront décomposées par la terre, certaines seront dévorées par des bêtes féroces, d’autres seront consumées par le feu, mais le Jour de la résurrection, Allah les appellera à sortir de la terre par un seul cri, et elles s’exécuteront : (Mais il suffira d’un seul cri (souffle de la trompe), pour qu’ils se retrouvent tous hors [de leurs
5i Coran, al-hajj (S.22), 73.
52 Coran, âl- Imrân (S.3), 59.
53 Coran, yâsîn (S.36), 82.
tombeaux]).54 (Il n’y aura qu’un cri, un seul, et aussitôt tous comparaitront devant Nous).55 Toutes les créatures : djinns, humains, bêtes féroces, insectes et autres, seront rassemblées le Jour de la résurrection par une seule parole. Donc Allah ﷻ est le seul Créateur, personne ne crée avec Lui, et la création ne Lui est pas difficile et ne Le rend pas impotent, au contraire elle Lui est facile. Seule une parole venant de Lui suffit pour tout créer.
(et agença harmonieusement) : Cela veut dire qu’ll a agencé harmonieusement ce qu’ll a créé, selon la forme qui lui convient. Concernant l’homme, par exemple. Allah le Très-Haut a dit: (Lui qui t’a créé en t’accordant harmonie et équilibre et qui t’a agencé selon la forme de Son choix et II a dit: (Nous avons créé l’homme dans la plus harmonieuse des formes)56. Il n’existe pas une créature dont la création soit plus parfaite que celle de l’homme, c’est pour cela que la première créature sur laquelle s’applique Sa parole : (et agença harmonieusement) est l’homme.
. (Lui qui détermina la mesure –qaddara– et guida) : Allah ﷻ a déterminé la mesure de toute chose, comme Il l’a dit -Très Haut est-Il-: ([II] a créé toute chose en y mettant la juste mesure).58 Il lui a donnée sa juste mesure dans son état, son terme. son essence et ses attributs. Toute chose a une mesure fixe ; les termes sont fixes, les états sont fixes, les corps sont fixes, etc.
(et guida) : Cela englobe la guidée religieuse –hidâya shar’iyya- et la guidée ontologique-hidâya kawniyya-.
La guidée ontologique est celle selon laquelle Allah ﷻ a guide toute chose vers ce pour quoi elle a été créée, comme dans Sa parole : (Pharaon demanda : « Et quel est donc votre Seigneur ? »>, Moïse répondit : « Notre Seigneur est Celui qui a donné à chaque être tout ce dont il avait besoin puis qui les a guidés [pour en faire bon usage]»).59
54Coran, an-nâzi’át (S.79), 13-14.
55Coran, yâsîn (S.36), 53.
56Coran, al-infitâr (S.82), 7-8.
57Coran, at-tîn (S.95), 4.
58Coran, al-furqân (S.25), 2.
59Coran, tâhâ (S.20), 49-50.
Ainsi, Allah ﷻ a guidé toute créature vers ce dont elle a besoin. Quand l’enfant vient de naître et qu’il veut téter, Allah ﷻ le guide vers le sein de sa mère. Si nous observons les insectes les plus minuscules comme les fourmis par exemple, nous voyons qu’elles construisent leur fourmilière sur des collines pour éviter que l’eau des courants n’y pénètre et ne les détruise. S’il pleut alors qu’il y a dans la fourmilière des grains, elles attendent que le soleil apparaisse, les font sortir et les étalent à l’extérieur pour qu’ils reçoivent de la chaleur et qu’ainsi ils ne pourrissent pas. Pour finir, avant de les conserver, elles leur coupent les deux bouts pour qu’ils ne germent pas. Or qui les a guidés vers cela ? N’est-ce pas Allah ﷻ? Il s’agit-là d’une guidée ontologique.
Quant à la guidée religieuse -la plus importante pour les fils d’Adam-, Allah a, en effet, montré la bonne voie aux hommes, y compris les non-croyants, ainsi qu’ll l’a dit : (Quant aux Thamûd, Nous les avons guidés, mais ils préférèrent l’aveuglement à la guidance).60 La guidance religieuse est celle qui est visée par la création de l’homme ; Allah le Très-Haut a dit : (Je n’ai créé les djinns et les humains que pour qu’ils M’adorent)61.
Allah nous a informés de cela pour que nous ayons recours à Lui dans toutes nos affaires. Quand nous sommes conscients du fait qu’Allah nous a créés, alors que nous n’étions rien, et qu’une maladie nous atteint, nous devons recourir à Lui, car Celui qui nous a créés à partir du néant est capable de nous guérir et de renforcer notre corps. Ayons donc recours à notre Seigneur, appuyons-nous sur Lui ! Nul grief après cela si nous prenons ce qu’il a rendu licite comme médicaments, à condition de croire que ce médicament n’est qu’une solution parmi celles qu’Allah ﷻ a créées. Si nous guérissons par ces médicaments c’est évidemment Allah qui nous a guéris, car c’est Lui qui a fait d’eux la cause de notre guérison, et s’IL voulait, Il pourrait faire de ces médicaments la cause de notre mort.
Si nous sommes conscients du fait qu’Il est le Guide, nous nous servirons de Sa guidance et de Sa religion –sharî ` a– pour arriver à c qu’Il a préparé pour les croyants comme place d’honneur.
60Coran, fussilat (S.41), 117.
61Coran, adh-dhâriyât (S.51), 56.
- (Nous te ferons réciter [le Coran] si bien que tu ne l’oublieras pas, sinon ce qu’Allah voudra (te faire oublier] : Il connaît ce qui paraît au grand jour ainsi que ce qui est caché) : C’est là une promesse de la part d’Allah -exalté et élevé soit-Il- à Son Envoyé ﷺ qu’ll lui fera réciter le Coran, si bien qu’il ne l’oubliera pas. Auparavant quand l’ange Gabriel venait lui transmettre la révélation divine, l’Envoyé ﷺ remuait sa langue pour en hâter la réception, c’est alors qu’Allah lui dit : (N’agite pas ta langue pour te hâter (de retenir le Coran]. C’est à Nous qu’il incombe de l’assembler et de le réciter. Lorsque Nous le récitons, suis sa récitation. Ensuite c’est à Nous qu’il incombe de l’expliciter) .62 Depuis cet ordre divin, le Prophète ﷺ observait le silence et écoutait attentivement jusqu’à ce que l’ange Gabriel termine la récitation de la Révélation. Ensuite il la récitait telle que Gabriel la lui avait récitée.
Allah dit dans ce verset : (Nous te ferons réciter [le Coran] si bien que tu ne l’oublieras pas, sinon ce qu’Allah voudra), c’est-à-dire : ce qu’Allah voudra te faire oublier » parce que l’ordre est dans Sa main : (Allah efface ce qu’Il veut et confirme [ce qu’Il veut]),63 (IL n’est pas un verset que Nous abrogions ou que Nous fassions tomber dans l’oubli sans que Nous ne le remplacions par un verset meilleur ou semblable. Ne sais-tu pas qu’Allah est Omnipotent ? Ne sais-tu pas qu’Allah possède le royaume des cieux et de la terre ? En dehors d’Allah vous n’avez ni protecteur ni secoureur).64 Il arrive certes au Prophète ﷺ d’oublier un verset du Coran, mais il se le rappelle aussitôt.
(Il connaît ce qui paraît au grand jour) : Allah sait ce que l’homme fait publiquement et ce qu’il dit à voix audible.
(ainsi que ce qui est caché) : Ce qui est dissimulé. Allah le connaît, aussi Il nous dit : (Oui, Nous avons créé l’homme. Nous savons ce que lui chuchote son âme).65
- (Et Nous te faciliterons l’accès à la facilité -yusâ-):
Il s’agit-là aussi d’une promesse faite par Allah ﷻ à Son Envoyé ﷺ. La facilité –yusrâ– consiste à rendre ses affaires faciles, surtout dans
62Coran, al-qiyâma (S,75), 16-19.
63Coran, ar-ra’d (S.13), 39.
64Coran, al-bagara (S.2), 106-107.
65Coran, qâf (S.50), 16.
l’obéissance d’Allah. Ainsi quand le Prophète ﷺ a informé les compagnons qu’à chaque être humain est réservée une place, soit au Paradis soit en Enfer, et que les compagnons demandèrent s’ils pouvaient abandonner les œuvres salutaires et se fier à ce qui a é déjà écrit, il dit : « Agissez, car tout [homme] réalise facilement ce pour quoi il a été créé. Quiconque est au nombre des bienheureux sera facilement conduit à accomplir les œuvres des bienheureux. Quiconque est au nombre des réprouvés sera facilement conduit faire les actes des réprouvés ». Puis il récita la parole du Très-Haut : (A Celui qui donne et craint [Allah], qui ajoute foi à la bonne parole (d’Allah), nous faciliterons l’accès aux bonnes œuvres).66 67
Ce hadith réfute celui qui prend le qadar comme prétexte pour commettre des péchés. Ainsi il désobéit à Allah et dit : « C’est déjà écrit ». Son argument est vain parce que l’Envoyé d’Allah ﷺ a dit : « Agissez, car tout [homme] réalise facilement ce pour quoi il a été créé ». Aussi dira-t-on à ce genre de personne : « Si tu veux accomplir une œuvre salutaire, quelqu’un t’empêche-t-il de la faire ? Si tu ne veux pas commettre un péché, quelqu’un te contraint-il à le commettre ? Supposons même que quelqu’un te contraigne à le commettre, tu n’encours aucun blâme et tu n’es pas dans la même condition que celui qui a commis volontairement le même péché même s’il s’agit d’un acte de mécréance qui est le péché le plus grave, comme dit Le Très-Haut : (Quiconque renie Allah après avoir cru en Lui, à l’exception de celui qui y fut contraint et de qui le cœur reste imperturbable dans sa foi, mais si sa poitrine s’ouvre à la mécréance, ceux-là encourent le courroux divin et un terrible châtiment leur est destiné).68
Donc à l’homme d’œuvrer, de faire le bien et d’éviter le mal, afin qu’Allah lui facilite l’accès vers le bonheur et écarte de lui le malheur. Allah a promis à Son Envoyé ﷺ de lui faciliter ses affaires. C’est pour cela qu’à chaque fois qu’il se trouve dans une situation difficile, il trouve toujours une issue pour en sortir.
Ensuite le très-Haut a ordonné à Son Prophète ﷺ de rappeler : (Rappelle à chaque fois que le rappel est bénéfique) :
66Coran, al-layl (S.92), 5-7.
67 Hadith authentique, rapporté par al Bukhârî (n° 4949) et Muslim, d’après ` Ali b. abî Tâlib رضي الله عنه
68 Coran, an-nahl (S.16), 106.
Il Voulait dire par là : « Rappelle les gens. Rappelle-leur les signes Allah Rappelle-leur les journées d’Allah. Exhorte-les ». (à chaque fois que le rappel est bénéfique) : c’est-à-dire dans un contexte où le rappel est efficace. Dans ce cas la particule « in » ( (in nafa ` ati dh-dhikrâ )) introduit une condition. Ce qui veut dire : « Si le rappel est bénéfique, alors rappelle, mais si le rappel n’est pas bénéfique, ne rappelle pas, car à quoi sert de rappeler des gens qui ne profiteront pas de ton rappel ? ».
Certains savants ont dit que le verset vise à rappeler en toute circonstance. Ce qui est visé par la particule « in » ce n’est pas la condition selon laquelle on ne doit rappeler que dans la mesure où le rappel est efficace, mais cela veut dire : « Rappelle car peut-être que le rappel fera de l’effet sur ces gens-là ». D’après cette explication, il faut rappeler en toute circonstance, car dans tous les cas le rappel est bénéfique ; il est bénéfique pour les croyants et il est bénéfique pour celui qui rappelle.
Quoiqu’il en soit, le prêcheur du rappel est gagnant. S’il tire profit de ce qu’il prêche, c’est là un signe de sa foi ; s’il n’en tire pas profit, cela ne diminue en rien sa récompense.
D’autres savants ont dit : Si le prêcheur pense que le rappel aura un effet efficace sur les gens, il doit obligatoirement le faire. S’il estime qu’il n’aura pas d’effet efficace, il a le choix.
Ce que nous pouvons dire à ce sujet c’est qu’il faut que le musulman – et surtout le savant- rappelle même s’il pense que le rappel ne sera pas utile, car de toute manière le rappel est bénéfique pour son auteur et les gens sauront par son rappel que telle chose est obligatoire et que telle autre est illicite. Or s’il se tait, les gens commettront l’illicite et diront que si telle chose était illicite, les savants nous auraient alors avertis. Donc il faut toujours rappeler les gens et il faut toujours propager les enseignements de l’Islam, sans chercher si cela va s’avérer efficace ou non.
- Puis Allah a cité celui qui observera le rappel et celui qui ne l’observera pas. Il a dit, en effet : (l’observera celui qui craint, s’en écartera le grand malheureux). Ainsi Il a montré qu’après leur avoir communiqué le rappel, les gens se divisent en deux parties :
-Ceux qui craignent Allah ﷻ, c’est-à-dire ceux qui Le craignent en étant conscients de Sa grandeur. Ceux-là, quand on leur rappelle les
signes (versets coraniques, les évidences, etc.) de leur Seigneur, ils en tirent des leçons, comme le Très-Haut dit dans Sa description des -ashqa-), c’est à adorateurs du Tout-Miséricordieux – ` ibâdu-r-rahmân- : (ceux qui, lorsque les signes de leur Seigneur leur sont rappelés, ne s’en détournent pas [comme s’ils étaient] sourds et aveugles).69
– Quant à celui qui fait partie de la deuxième catégorie, Allah a dit à son propos : (s’en écartera grand malheureux –ashqâ-) le dire ceux qui se détournent du rappel et n’en tirent pas profit. Le terme «ashqâ » est un superlatif. Il dérive du nom « shaqâ’ » qui I est le contraire du bonheur -sa ` adah-, comme a dit Allah dans la Sourate « Hûd» : (Pour ce qui est des malheureux, ils iront dans le Feu… Les bienheureux, quant à eux, seront au Paradis)70. Donc « al ashqâ» est celui dont le malheur a atteint son paroxysme, il s’agit bien-sûr du non-croyant -kafîr-. Il est jugé non-croyant pour deux raisons : la première est que le non-croyant entend le rappel mais n’en tire pas profit et la deuxième est que le verset qui suit affirme qu’il sera voué au Feu [éternel] : (qui entrera dans le feu majeur, où il ne mourra ni ne vivra).
Le feu ici est qualifié de (majeur –kubrâ–), c’est-à-dire le feu de la Géhenne. En effet, le feu de ce monde est moindre par rapport au feu de l’Enfer. Selon des hadiths authentiques, le Prophète ﷺ a dit que le feu de ce monde constitue une partie des soixante-dix parties du feu de l’Enfer.71 Et on entend par feu de ce monde le feu le plus brûlant qui puisse exister.
Puis quand le non-croyant sera mis dans ce feu, (il ne mourra ni ne vivra), c’est-à-dire qu’il ne mourra pas, parce que de cette façon il se reposerait, et il ne vivra pas une vie heureuse, car en réalité les gens de l’Enfer sont vivants mais des vivants suppliciés : (aussitôt que leur peau sera brûlée, Nous la remplacerons par une autre),72 Ils appellent : « Ô Mâlik !-l’ange chargé de l’Enfer-, que ton Seigneur nous achève -c’est-à-dire : « qu’il nous fasse périr pour nous
69 Coran, al-furqan (S.25), 73.
70 Coran, Hûd (S.11), 108.
Hadith authentique, rapporté par al Bukhârî (n° 3665). Le hadith tel qu’il est dans le sahîh est le suivant : D’après Abu Hurayra رضي الله عنه , l’Envoyé d’Allah ﷺ a dit : « Votre feu constitue une partie des soixante-dix parties du feu de l’Enfer. Envoyé d’Allah ﷺ, dirent-ils, celle-ci est déjà suffisante [pour faire mal] ». Il dit : « Le feu de l’au-delà dépasse le feu de ce monde de soixante-neuf degrés. Chaque degré est aussi intense que notre feu ».
72 Coran, an-nisâ’ (S.4), 56.
débarasser de ce supplice »- », et il répond : « Vous [y] demeurez [à jamais] » c’est-à-dire : « pas de repos») et il leur sera dit : (Nous vous avions pourtant apporté la Vérité mais la plupart d’entre vous n’éprouvaient pour elle que de la répulsion). 73
C’est donc dans ce sens qu’il faut comprendre Sa parole : (il ne mourra ni ne vivra), car ce verset peut paraître ambigu à certains et se demanderont : « Comment peut-il y avoir un homme qui ne soit ni vivant ni mort ? L’homme est soit vivant soit mort ». La réponse, comme on l’a expliqué, est qu’il ne subira pas la mort dans laquelle il trouverait du repos et il ne vivra pas une vie où il sera heureux. Il ne sera jamais voué au châtiment et dans une situation telle qu’il espèrera la mort sans qu’elle ne lui soit accordée.
قد أفلح من تزكى {14} وذكر أسم ربه فصلی {15} بل تؤثرون الحياة الدنيا {16} والآخرة خير وأبقى {17} إن هذا لفي الصحف الأولى{18 }
صحف إبراهيم وموسى {19} )
- A d’ores et déjà réussi quiconque s’est purifié
- a invoqué le nom de son Seigneur puis a prié
- Mais plutôt vous préférez la vie d’ici-bas
- alors que l’au-delà est meilleur et plus durable
- Cela figure, certes, dans les feuilles-suhuf– anciennes
- Les feuilles d’Ibrâhîm et de Moïse
Transcription :
14.qad-aflaha man tazakkâ
- wa dhakara-sma rabbihî fa sallâ
- bal tu’thiruna-l-hayâta-d-dunyâ
- wa-l-‘âkhiratu khayrûw-wa abqâ
- Inna hadhâ la fî-s–suhufi-l-’ ûlâ
- Suhufi ibrâhîma wa mûsâ
(A d’ores et déjà réussi quiconque s’est purifié) :
73Coran, az-zukhruf (S.43), 78.
Le terme aflaha (a réussi)) vient du nom falah» (réussite). « falâh » est un nom qui réunit la réussite dans l’obtention de ce qui est désiré et le fait d’être à l’abri de ce qui est redouté. C’est donc une vertu selon laquelle tout bien est attiré et tout mal est repoussé.
(quiconque s’est purifié-man tazakkâ-)
(tazakkâ) vient de la tazkiyyah qui est la purification -tathîr-. C’est pour cela que l’aumône est appelée zakât, elle purifie en effet l’homme des mauvaises vertus, comme l’avarice par exemple, ainsi que le Très-Haut l’a dit : (Prélève sur leurs biens une aumône au moyen de laquelle tu les purifieras).74
Donc (tazakkâ) signifie : « s’est purifié ». A réussi en effet celui qui s’est purifié intérieurement et extérieurement. Il s’est purifié de l’associationnisme pour ce qui est de sa relation avec Allah ﷻ, ainsi II l’adore en Lui consacrant la religion, il ne cherche pas à se montrer, ni à ce que les gens parlent de lui, il n’aspire pas non plus à un rang social ou à la souveraineté dans les actes par lesquels il adore Allah ﷻ il ne désire par là que le visage d’Allah et la demeure ultime.
Il s’est purifié aussi dans sa conformité à l’Envoyé ﷺ pour ce qui est de sa relation avec l’Envoyé ﷺ d’Allah de sorte qu’il ne commette pas d’innovation- ibtidâ` – dans sa voie -sharî ` a-, ni dans les convictions –i`tiqâd-, ni dans les paroles, ni dans les actes. Cette conformité au Prophète ﷺ exempte de toute innovation ne s’applique que sur la voie des pieux prédécesseurs, voie des Gens de la Sunna et de la Communauté qui croient aux réalités dont Allah ﷻ s’est qualifié dans Son Livre et en celles transmises par la langue de Son Envoyé ﷺ , voie anciens qui ne donnent pas naissance à l’innovation dans les adorations qui se font par la langue ou par les membres. Ils suivent à la lettre les enseignements de la religion -shar ` -, contrairement à ce que font certains innovateurs en matière de dhikr [par exemple], ils innovent soit dans le genre du dhikr, soit dans son contenu, soit dans la manière de le formuler, à l’instar de certains adeptes des voies spirituelles –turuq– parmi les soufis et autres hérétiques.
De même il s’est purifié concernant son comportement vis-à-vis des gens, ainsi il a purifié son cœur de la haine et de la rancune à l’encontre de ses frères les musulmans. Il aime pour ses frères ce qu’i aime pour lui-même. Il ne veut pas que quelqu’un parmi eux soit
74 Coran, at-tawba (S.9), 103.
touché par un mal. Il veut que tous les musulmans soient préservés du mal et guides vers le bien.
Donc [celui qui] (s’est purifié) est celui dont l’intérieur et l’extérieur sont purifiés. Son intérieur s’est purifié de l’associationnisme –shirk-, du doute –shakk-, de l’hypocrisie, de l’hostilité et de la haine à l’encontre des musulmans, ainsi que de tout ce dont le cœur doit se purifier. Son extérieur s’est purifié de tout ce qui peut provenir de sa langue et de ses sens comme choses qui offensent les serviteurs d’Allah ﷻ ainsi il ne profite pas de l’absence de quelqu’un pour le médire, il n’ébruite les nouvelles de personne en vue de semer la discorde, il n’insulte personne, il ne s’en prend pas aux gens que ce soit par des coups et blessures ou en reniant les biens qu’il leur doit, etc.
La purification –tazakkî- est un nom qui a une portée générale. Elle englobe la purification de toute souillure, qu’elle soit intérieure ou extérieure. On distingue alors :
. Une purification de l’homme à l’égard d’Allah.
. Une purification à l’égard de l’Envoyé ﷺ.
. Une purification à l’égard des gens.
Pour ce qui est de la purification concernant le droit d’Allah sur lui, il se purifie de l’associationnisme en adorant Allah le Très-Haut et en Lui consacrant toute la religion.
Pour ce qui est de la purification concernant le droit de l’Envoyé ﷺ, il se purifie en s’abstenant de donner naissance à des innovations pour que son adoration d’Allah reste conforme à la voie du Prophète ﷺ dans le dogme, les paroles et les actes.
Pour ce qui est du comportement vis-à-vis des gens, il se purifie de la haine, de la rancune et de l’hostilité, il évite ainsi tout ce qui suscite l’inimitié et la haine entre les musulmans et fait tout ce qui crée l’amour et l’affection entre eux, notamment le fait de répandre les salutations-assalâm- à propos duquel l’Envoyé ﷺ a dit : « Vous n’entrerez pas au Paradis, tant que vous n’aurez pas la foi et vous n’aurez pas la foi tant que vous ne vous aimez pas. Ne vous
Indiquerai-je pas une oeuvre qui suscitera en vous un amour mutuel ? Echangez entre vous de nombreuses salutations ».75
Le salâm est l’une des causes les plus fortes qui apportent de l’amour et de l’affection entre les musulmans. D’ailleurs tout le monde en a une expérience. En effet, quand tu croises un homme et qu’il ne te salue pas, il advient en toi un certain ressentiment contre lui, et si c’est toi qui ne le salues pas, il trouve en lui un certain ressentiment contre toi, tandis que si tu le salues ou s’il te salue, il y a un lien d’amour et d’affection qui se tisse entre vous, vertu que le Prophète ﷺ n’a pas omis de recommander à celui qui lui a demandé : « Quel est le meilleur islam ?», il répondit : « Il consiste à nourrir [le pauvre] et à adresser ton salut à ceux que tu connais comme à ceux que tu ne connais pas ». 76
Malheureusement la majorité des gens ne saluent que ceux qu’ils connaissent, tandis qu’ils ne saluent pas les gens inconnus or cette attitude est mauvaise, parce que quand tu ne salues que celui que tu connais, ce salut n’est pas fait en vue de plaire à Allah. Salue donc ceux que tu connais et ceux que tu ne connais pas parmi les musulmans, afin de jouir de l’amour suscité entre les musulmans, d’obtenir la foi parfaite et d’être admis au Paradis -qu’Allah nous mette parmi ses habitants !-
(a invoqué le nom de son Seigneur puis a prié) Sa parole : (a invoqué le nom de son Seigneur) signifie « a invoqué Allah ». Le Très-Haut a précisé dans ce verset le (nom) pour que le dhikr soit fait par la langue, parce que dans le dhikr on prononce le nom d’Allah en disant par exemple : « Gloire à Allah subhâna-l-lâh-», « Louange à Allah-al hamdu li-l-lâh-», « Allah est Grand-allâhu akbar-».
Elle signifie aussi le dhikr du nom d’Allah le Très-Haut en Lui rendant culte. Ainsi dans ce sens les ablutions font partie du dhikr du nom d’Allah parce que, d’une part, l’homme ne fait les ablutions que par soumission à l’ordre d’Allah et, d’autre part, quand le fidèle s’apprête à faire ses ablutions, il dit : « Au nom d’Allah » et quand il finit, il dit : « Je témoigne que nul n’est en droit d’être adoré qu’Allah
75Hadith authentique, rapporté par Muslim (n° 54) et at-Tirmidhî (n° 2688) d’après Abû Hurayra رضي الله عنه .
76 Hadith authentique, rapporté par al Bukhârî (hadiths nº 12, n° 28, nº 85).
Muslim (n° 39) et an-Nasa’î (n° 5000), d’après ‘Abd Allah b. Amr رضي الله عنه.
et je témoigne que Muhammad ﷺ est Son Envoyé et serviteur. Ô mon Dieu mets-moi parmi ceux qui sont enclins au repentir et ceux qui se purifient ».77
Le prêche du vendredi fait aussi partie du dhikr d’Allah, ainsi qu’Il l’a dit-Très-Haut est-Il- : (Vous qui croyez, quand on vous appelle à la prière à un moment [fixe] du vendredi, empressez-vous au dhikr d’Allah et cessez tout négoce).78 D’ailleurs certains savants ont dit que la parole d’Allah : (a fait le dhikr du nom de son Seigneur puis a prié) fait allusion à celui qui fait le prêche du vendredi, puisqu’après celui-ci, il prie. Or ce verset englobe toutes les prières étant donné que toutes les prières sont précédées du dhikr, ainsi quand le fidèle veut prier, il fait d’abord les ablutions dans lesquelles il pratique le dhikr d’Allah.
Mais vraisemblablement ce verset est encore plus général que cela parce qu’on entend par dhikr tout dhikr du nom d’Allah, ce qui veut dire qu’à chaque fois que l’homme évoque le nom d’Allah, il en tire des leçons, ce qui le pousse à se recueillir devant Lui et prier.
La prière, comme l’on sait, est une adoration comportant des paroles et des actes, qu’on inaugure par le takbir [de sacralisation] et qu’on clôture par le taslîm (les salutations finales).
(Mais plutôt vous préférez la vie d’ici-bas -bal tu’thirûna-l-hayâtad-dunyâ-) : La particule (bal) reporte sa valeur négative sur ce qui précède –idrâb ibtalî. On l’utilise aussi quand on passe brusquement d’une idée à une autre-idrâb intiqâlî-.
Il s’agit dans ce verset de l’idrâb intiqâlî. En effet, Allah -exalté soit-Il est passé d’un style à un autre pour montrer l’état présent de l’homme qui préfère la vie d’ici-bas parce qu’elle est hâtive. Certes l’homme a été créé impatient par nature, il aime tout ce qui est immédiat.
La (dunyâ (traduite par : (« vie d’ici-bas »)) est appelée ainsi parce qu’elle est « dunyâ » dans le temps et parce qu’elle est qualifiée de dunyâ». Pour ce qui est du fait qu’elle est « dunyâ »> dans le temps (adjectif dont le nom verbal –masdar– est « dunuww » qui veut dire tout près »), c’est parce qu’elle vient avant la vie de l’au-delà. Quant
77Hadith rapporté par at-Tirmidhî (n°55).
78Coran, al-jumu ` a (S.62), 9.
au fait qu’elle est qualifiée de « dunyâ», c’est-à-dire « basse », c’est parce qu’en réalité elle est ainsi, quand bien même elle peut paraître longue aux yeux de l’homme, elle est périssable. Aussi longtemps que ses fleurs l’éblouiront, elles se faneront un jour. D’ailleurs il ne se passe pas un jour où l’homme connaisse la joie, sans qu’il ne soit suivi d’un jour de tristesse. Tu n’as qu’à méditer sur ton état dans ce monde pour constater qu’il ne se passe pas un moment de bonheur, sans qu’un malheur ne vienne le troubler : tantôt de la joie tantôt de la tristesse, tantôt du repos tantôt de la fatigue.
(alors que l’au-delà est meilleur et plus durable) :
La vie de l’au-delà est meilleure que la vie d’ici-bas et plus durable. Elle est meilleure en raison de ce qu’elle comporte comme aisance et joie perpétuelles imperturbables : (Nulle fatigue ne les y touchera, et on ne les en fera pas sortir)79 Elle est aussi plus durable que la vie d’ici-bas parce que la durée de ce monde est courte et périssable, tandis que la vie de l’au-delà est éternelle.
(Cela figure, certes, dans les feuilles-suhuf– anciennes, les feuilles d’Ibrâhîm et de Moïse) :
[Le pronom démonstratif] (Cela) renvoie à ce qui vient d’être cité comme quoi l’homme préfère la vie d’ici-bas à celle de l’au-delà et tout ce que ces derniers versets englobent comme leçons.
(les feuilles –suhuf- anciennes) sont celles des communautés qui nous ont précédés.
(les feuilles d’Ibrâhîm et de Moïse) :
Ce sont les feuilles qu’ont Apportées Ibráhîm عليه وسلم et Moïse عليه وسلم à leur communauté. Elles comportent des exhortations qui attendrissent les cœurs et réforment les situations.
Implorons Allah de nous mettre parmi ceux à qui est accordée une belle part dans ce monde et une belle part dans l’au-delà et qui ont été préservés du châtiment de l’Enfer, Lui le Libéral et le Généreux.
