Exégèse de la sourate 114 AN Nass (Les hommes)
﷽
Au nom d’Allah le Tout Miséricordieux le très Miséricordieux

1. Dis : « Je cherche protection auprès du Seigneur des hommes.
2. Le Souverain des hommes.
3. Dieu des hommes.
4. Contre le mal du mauvais conseiller, furtif,
5. qui souffle le mal dans les poitrines des hommes.
6. Qu’il (le conseiller) soit un djinn, ou un être humain.
Exégèse de la sourate An Nass par Ibn Kathir
« Au Nom de Dieu le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux »
- 1. Dis : « Je cherche protection auprès du Seigneur des hommes.
- 2. Le Souverain des hommes.
- 3. Dieu des hommes.
4. Contre le mal du mauvais conseiller, furtif,
5. qui souffle le mal dans les poitrines des hommes.
6. Qu’il (le conseiller) soit un djinn, ou un être humain ».
Il s’agit d’une sourate : MECQUOISE
Nombre de versets : 6
Ordre de révélation : 21
Lieu de révélation : La Mecque
Ce sont là les attributs d’Allah ﷻ : la Seigneurie, la Souveraineté et la Divinité. C’est Lui le Seigneur, le Roi du monde et Celui de toutes les créatures qui y vivent. C’est auprès de Lui que l’on doit se réfugier contre les tentations du mauvais conseiller. En effet, chaque humain est soumis à la tentation d’un conseiller furtif qui lui dicte le mal. Heureux sont ceux qui sont prémunis contre sa tentation ! Il est établi dans le Sahih que le Prophète ﷺ dit : « Il n’est pas d’homme qui ne soit soumis à la tentation de son conseiller furtif ». On demanda alors : « Même toi, ô Messager d’Allah ? ». Il répondit : « Même moi. Seulement Allah ﷻ m’a aidé à convertir le mien à l’islam. Depuis lors, il ne me conseille plus que le bien ».[1]
Il est également établi dans le Sahih que Safiyya Bint Huyayy qu’Allah l’agréée, la femme du Prophète ﷺ, alla un jour faire une visite à l’Envoyé d’Allah ﷺ . Il était en retraite pieuse dans la mosquée au cours des dix dernières nuit du Ramadan. Après avoir causé avec lui un instant dans la soirée, elle se leva pour rentrer chez elle. Le prophète ﷺ se leva avec elle pour l’accompagner. Arrivés devant la porte de la mosquée, qui était auprès de l’appartement d’Umm Salama, femme du Prophète ﷺ, deux hommes des Ansar passèrent auprès deux. Ils saluèrent l’Envoyé d’Allah ﷺ et allaient continuer leur route quand celui – ci leur dit : « Arrêtez un instant ; cette dame c’est Safiyya Bint Huyayy.
-Transcendance d’Allah ! S’écrièrent – ils, O Envoyé d’Allah ».
Puis, comme ils paraissaient trouver graves les paroles qu’ils venaient d’entendre, le Prophète ﷺ leur dit : « Satan se glisse chez l’homme comme s’y glisse le sang et je craignais qu’il ne jetât quelque soupçon dans vos coeurs ».[2]
Un homme qui était monté en croupe avec le Prophète ﷺ relate : « Comme l’âne du Prophète ﷺ vint à trébucher alors qu’il le portait, je m’exclamai : « Malheur à Satan ! ». Le Prophète ﷺ me dit alors : « Ne dis jamais : « Malheur à Satan ! », car lorsque tu dis cela, Satan prend de l’ampleur et se dit : « Je l’ai vaincu par ma seule force ! ». Par contre, si tu dis : « Au Nom d’Allah », il rétrécit jusqu’à ce qu’il ait la taille d’une mouche ».[3]
« Qui susurre au coeur des hommes » ; Cela concerne – t- il les seuls humains, comme le sens apparent de ce verset le laisse entendre, ou bien les Djinns sont – ils également concernés ? Deux opinions ont été mises à ce propos. Pour Ibn Jarir qu’Allah l’agrée, les Djinns ayant été évoqués ailleurs comme étant « des hommes d’entre les djinns », il est tout à fait plausible que le mot hommes employé ici les englobe également.
« Qu’il vienne des djinns, ou des hommes » : Est – ce là une explication indiquant que le mot hommes englobe aussi bien les Hommes que les Djinns ? Si c’est le cas, cela renforcerait la deuxième interprétation.
Pour d’autres, il s’agit là d’une explication concernant celui qui souffle dans l’esprit des gens. Comme il est dit dans le verset 112 de la sourate Les Bestiaux : « Ainsi, à chaque Prophète avons – Nous assigné un ennemi ; des diables d’entre les hommes et les djinns, qui s’inspirent trompeusement les uns aux autres des paroles enjolivées ».
Ibn Abbas qu’Allah l’agrée rapporte qu’un homme vint trouver le Prophète ﷺ et lui dit : « O Envoyé d’Allah, il m’arrive d’avoir des pensées telles que j’aimerais mourir plutôt que de les dévoiler ». A ces mots, le Prophète ﷺ s’exclama : « Allah est grand ! Louange à Allah qui a réduit le pouvoir du Malin aux seuls susurrements ».[4]
Fin de l’exégèse de la sourate Les Hommes (An Nas)
– A Allah ﷻ la louange et la grâce ! – Nous l’implorons de nous accorder le succès et de nous préserver de l’erreur.
[1] Rapporté par Muslim (2814).
[2] Rapportés par Al Bukhari (avec al – Fath 6219) et Muslim (2175).
[3] Rapportés par Abu Dawud (5 /260) et Ahmad (5/59-71).
[4] Hadith authentique. Rapporté par Ahmad (1/235) et Abu Dawud (5112).
