Les causes de la révélation de la sourate Al Layl
La sourate d’al Layl ( La nuit)
Abu Ma’mar ben Isma’ili m’a rapporté en l’an 431 […] que d’après Ibn ‘Abbas, un homme avait un palmier dont une partie était penchée vers l’espace de la maison d’un certain homme pauvre et père de plusieurs enfants.
Des fois le propriétaire de ce palmier montait dessus pour cueillir quelques dattes. Il arrivait alors qu’une datte tombait et était prise par les enfants du pauvre. D’où notre homme descendait et l’enlevait même de la bouche de l’un d’eux en l’arrachant par son doigt. Le pauvre homme quant à lui, se plaignit une fois de la chose auprès du Prophète (sws) qui lui dit [ après l’avoir entendu] : « Tu peux disposer ! » Après quoi, le Prophète (sws) dit au propriétaire : « Veux-tu me donner ton palmier incliné, celui dont une partie est dans la maison d’un tel ? Tu auras à sa place un palmier au paradis
Je possède beaucoup de palmiers, mais les fruits de celui là me plaisent le plus » rétorqua le propriétaire avant de partir.
D’autre part, et au cours de cet entretien un [troisième ] homme – c’était ibn ad-Dahdah- avait entendu la proposition du Prophète (sws) Il dit alors : « Oh Messager de Dieu ! Si j’achète le palmier de cet homme [ pour te le remettre], me donneras-tu ce que tu viens de lui proposer : un palmier au paradis ?
– Oui, répondit le Prophète » . Et l’homme de partir voir le propriétaire du palmier. L’ayant trouvé, il lui demanda son prix ; mais l’autre de lui dire : « N’as tu pas entendu Muhammed me proposer contre [mon] palmier un autre au paradis et que je lui ai dit que ses dattes me plaisent ?
-Veux tu la vendre oui ou non ? Lui demande l’homme.
-Non …, sauf si on me donne à sa place ce que je souhaite.
– Et quel est ton souhait ?
-Quarante palmiers.
Tu exagères ! Tu demandes pour ton palmier incliné quarante palmiers ! » lui dit ibn ad-Dahdah qui se tut puis reprit : « Soit, je te donne ces quarante palmiers.
-Apporte des témoins pour cela ! » exigea le propriétaire du palmier.
En effet, ibn ad-Dahdah accepta et appela quelques personnes, qui étaient de passage afin qu’elles témoignent. Après quoi, ad-Dahdah se dirigea vers le Prophète (sws) et lui dit : « O Messager de Dieu ! Le palmier est devenu dans ma possession ; il est à toi » Sur ce, le Messager de Dieu (sws) partit vers l’homme pauvre et lui dit : « Le palmier est à toi et tes enfants »
Enfin, c’est dans ces circonstances que Dieu, béni et exalté soit-il, révéla : Par la nuit quand elle enveloppe [ de son obscurité],
par le jour quand il se lève, par ce qui a créé le mâle, la femelle,
vos efforts, en vérité, ont [des buts] différents ! ( Versets 1-4)
D’autres part, Abu Bakr ben al-Harth m’a rapporté […] que d’après ‘Abdullah, Abu Bakr avait acheté Billal à Umayya ben Khallaf contre un manteau de dix uqiya puis l’avait affranchi. D’où Dieu, béni et exalté soit-il révéla ensuite : Par la nuit quand elle enveloppe [ de sons obscurité], vos efforts, en vérité, ont [des buts] différents ! C’est à dire les efforts d’Abu Bakr et de Umayya ben Khalaf.
Sur : Mais celui qui donne et craint [Dieu] et déclare vraie la plus belle [ profession]de foi [ V. la suite des versets]
Abu ‘Abdullah Muhammed ben Ibrahim m’a rapporté […] que ‘Ali avait dit : « Le Messager de Dieu( sws) avait dit ( aux musulmans) : « On inscrit à chacun de vous sa place dans le paradis ou dans l’enfer.
– O Messager de Dieu ! Avaient-ils demandé, ne doit-on pas alors [ne rien faire] et compter sur cela ?
-Oeuvrez ! Chacun lui sera facilité [son aise ou son mésaise] ! »
répondit le Prophète (sws) avant de réciter : Mais celui qui donne et craint Dieu et déclare vraie la plus belle [profession de foi],
nous lui accorderons les moyens [de parvenir] à la plus grande aisance[1] »
(Rapporté par Bukhari et Muslim)
‘Abder-Rahman ben Hamdan m’a rapporté […] qu’Abu Quhafa avait dit une fois à son fils Abu Bakr : O mon fils ! je remarque que tu n’affranchis que des hommes faibles… Pourquoi, si tu es obligé de faire cela, n’affranchis-tu pas des hommes robustes qui peuvent te protéger et te servir ?
– O père ! Répliqua Abu Bakr, je fais cela que parce que je vise [ la satisfaction de Dieu] »
Ce n’est que pour cette raison, rapportait-on, que ces versets furent révélés : Mais celui qui donne et craint [ Dieu],
et déclare vraie la plus belle [profession de foi,
nous lui accorderons les moyens [de parvenir] à la plus grande aisance.
Et ce, jusqu’à la fin de la sourate.
D’autres part, quelqu’un a rapporté qu’il avait entendu ibn az Zubayr dire : « Abu Bakr achetait et affranchissait les esclaves faibles. D’où son père lui dit une fois : « O mon fils ! pourquoi n’achètes-tu pas celui qui pourra te défendre ?
-Ce n’est pas pour ma propre sécurité que je veux ! répondit Abu Bakr »
« D’ailleurs c’est à son sujet que furent révélés [ces versets] : [ Feu flamboyant] dont sera éloigné [l’homme] plein de piété
qui donne de son bien pour purifier [ des péchés],
auprès de qui personne ne profite d’un bienfait intéressé,
mais uniquement [inspiré] par le désir de plaire à son Très-Haut Seigneur.
[ Un tel fidèle] sera satisfait [de la récompense qui lui est réservée][2]
Quand à ‘Ata, il a rapporté que d’après ibn’Abbas, Bilal, qui était l’un des esclaves de ‘Abdullah ben Jada’an, avait, après sa conversion à l’Islam, rejeté ses excréments sur les idoles [des polythéistes]. Et ceux-ci de partir se plaindre de lui auprès de son maître qui le leur livra avec cent chamelles à sacrifier pour leurs divinités. Ils le prirent et commencèrent à le torturer au milieu d’un terrain couvert d’un sable brûlant. Quant à lui, il ne faisait que dire : « [Dieu est] unique… unique » durant ces supplices.
De passage, le Messager de Dieu (sws) lui dit : « L’unique, certes, te sauvera » avant d’aller informer Abu Bakr et lui dire que Bilâl était en train de subir des tortures pour [la cause] de Dieu. Sur ce, Abu Bakr prit une livre d’or et partit acheter Bilâl. Et les polythéistes de dire : « Il paraît qu’Abu Bakr n’a fait cela que parce que Bilâl lui avait auparavant rendu service » D’où Dieu, le Trés Haut, révéla : Auprès de qui personne ne profite d’un bienfait intéressé, mais uniquement [inspiré] par le désir de plaire à son Très-Haut Seigneur.
[1]V. le reste de la sourate.
