Exégèse de la sourate 93 Ad-Duha (Le jour montant)

Au nom d’Allah le Tout Miséricordieux le très Miséricordieux

1. Par le Jour Montant!

2. Et par la nuit quand elle couvre tout!

3. Ton Seigneur ne t’a ni abandonné, ni détesté.


4. La vie dernière t’est, certes, meilleure que la vie présente.


5. Ton Seigneur t’accordera certes [Ses faveurs], et alors tu seras satisfait.


6. Ne t’a-t-Il pas trouvé orphelin? Alors Il t’a accueilli!

7. Ne t’a-t-Il pas trouvé égaré ? Alors Il t’a guidé.

8. Ne t’a-t-Il pas trouvé pauvre? Alors Il t’a enrichi.

9. Quant à l’orphelin, donc, ne le maltraite pas.


10. Quant au demandeur , ne le repousse pas.


11. Et quant au bienfait de ton Seigneur, proclame-le.

Exégèse de la sourate Ad-Duha par Saadi

Commentaire de la sourate Ad-douhâ (La Clarté du matin),

Une sourate révélée à la Mecque :

Au Nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux :

﴾1﴿- ﴾11﴿«Par la clarté du matin et par la nuit quand elle étend ses voiles! En vérité, ton Seigneur ne t’a ni abandonné ni haï ! Certes, la vie future te réserve plus de joies que la vie présente et ton Seigneur te comblera bientôt de bienfaits dont tu seras satisfait. Ne t’a-t-II pas trouvé orphelin quand Il t’a recueilli ? Ne t’a-t-il pas trouvé égaré quand Il t’a guidé ? Ne t’a-t-il pas trouvé démuni quand Il t’a enrichi ? Alors, ne brime jamais l’orphelin ! Ne repousse jamais l’homme qui est dans le besoin ! Quant aux bienfaits de ton Seigneur, n’oublie jamais de les proclamer ! ».

Le Très Haut jure par le jour lorsqu’il étend sa lumière matinale et par la nuit lorsqu’elle répand son obscurité et ses ténèbres, qu’Il prend soin de Son messager, en disant : « En vérité, ton Seigneur ne t’a ni abandonné », c’est-à-dire qu’Il ne t’a jamais abandonné », depuis qu’Il a pris soin de toi et qu’Il ne t’a jamais laissé livrer à toi-même depuis qu’Il a pris en charge ton éducation. Bien plus, Il n’a jamais cessé de te donner la meilleure des éducations et de t’élever d’un degré à un autre.

« Ni haï !». C’est-à-dire qu’Il ne t’a jamais haï après t’avoir aimé ; en effet, la réfutation d’une chose est la preuve de l’attestation de son contraire et de son opposé ; quant à la réfutation exclusive, elle ne peut être un éloge qu’une fois qu’elle implique l’attestation de quelque chose de parfait.

Telle était la situation passée et présente du Prophète (ﷺ), une situation parfaite, caractérisée par l’amour perpétuel que lui Allahﷻet Son élévation dans les degrés de la perfection ainsi que Sa prise en charge par Allah ﷻqui prend soin de lui.

Quant à sa situation future, Allahﷻlui a dit : « Certes, la vie future te réserve plus de joies que la vie présente », c’est-à-dire que tout ce qui t’attend est préférable à ce que tu vis maintenant. En effet, le Prophète(ﷺ) ne cessa de s’élever dans les degrés de l’éminence et sa religion ne cessa d’être affermie par Allahﷻqui la fit triompher sur ses ennemis, jusqu’à ce qu’il mourût, en atteignant une position qu’aucun parmi les premiers et les derniers ne pourrait atteindre, dans les mérites, les vertus, la sérénité et la joie du cœur. Si telle était sa situation dans cette vie qu’en serait-il dans la vie future ?

C’est pour cela qu’Il lui a dit : « Ton Seigneur te comblera bientôt de bienfaits dont tu seras satisfait ». Seule cette expression globale et parfaite est en mesure d’exprimer la réalité de cette promesse. Ensuite, le Très Haut lui rappela ce qu’Il sait de ces circonstances particulières, en lui disant : « Ne t’a-t-il pas trouvé orphelin quand il t’a recueilli ?». C’est-à-dire qu’Il t’a trouvé sans père ni mère ; bien plus, son père et sa mère sont morts alors qu’il n’était pas encore capable de se prendre en charge ; Allahﷻprit soin de lui et ce fut son grand-père ‘Abd Al Moutalib qui l’adopta ; après la mort de ce dernier, ce fut son oncle Aboû Tâlib qui l’adopta, jusqu’à ce qu’Allah ﷻqui accorda le triomphe ainsi qu’aux croyants.

« Ne t’a-t-II pas trouvé égaré quand Il t’a guidé ?». C’est-à-dire qu’Il t’a trouvé ignorant de ce que sont le Livre ou la foi, et Il t’a enseigné ce que tu ne savais pas et t’a orienté vers les meilleures vertus et œuvres.

« Ne t’a-t-II pas trouvé démuni quand t’a enrichi ?». C’est-à-dire qu’Il t’a trouvé pauvre et démuni, et t’a enrichi avec cc qu’Il t’a permis de conquérir comme pays qui se sont acquittés de leur tribut. Aussi, Celui qui t’a débarrassé de ces défauts va te débarrasser de tout défaut de ce bas monde, et Celui qui t’a pris en charge, t’a guidé, t’a enrichi et t’a fait triompher, est digne que tu Lui exprime ta reconnaissance pour toutes ces faveurs.

C’est pour cela qu’Il lui a dit : « Alors, ne brime jamais l’orphelin !». C’est-à-dire que tu dois te comporter convenablement avec l’orphelin et ne jamais le brimer ; tu ne dois pas t’irriter contre lui ni le vexer ; bien au contraire, tu dois l’honorer et lui donner tout ce que tu peux ; fais avec lui ce que tu voudrais qu’on fasse avec tes enfants après toi.

« Ne repousse jamais l’homme qui est dans le besoin ». C’est-à-dire que tu ne dois pas rabrouer l’homme dans le besoin avec des paroles blessantes ou un comportement impoli, mais tu dois lui donner ce qui est possible pour toi ou l’éconduire d’une manière polie et selon les bons usages. Il va de soi que ceci concerne aussi bien celui qui demande de l’argent que celui qui demande la science. C’est pour cela que l’enseignant est tenu d’être poli avec l’élève et de lui exprimer de la compassion et du respect.

« Quant aux bienfaits de ton Seigneur, n’oublie jamais de les proclamer ! ». Ceci englobe les bienfaits spirituels et profanes qui doivent être proclamés par le serviteur qui doit les mentionner en faisant l’éloge de Son bienfaiteur, s’il y a un avantage à cela. Sinon, le serviteur doit proclamer les bienfaits d’Allah d’une façon absolue, car proclamer les bienfaits d’Allah c’est exprimer sa reconnaissance envers le Bienfaiteur ; ceci est de nature à faire aimer aux cœurs Celui qui leur fait ces faveurs, car les cœurs sont enclins à aimer celui qui est bienfaisant avec eux.