An-Nasr (Les secours)
سورة النصر
بِسْمِ اللَّهِ الرَّحْمَنِ الرَّحِيمِ
1 إِذَا جَاءَ نَصْرُ اللَّهِ وَالْفَتْحُ
Lorsque vient le secours d’Allah ainsi que la victoire,
2 وَرَأَيْتَ النَّاسَ يَدْخُلُونَ فِي دِينِ اللَّهِ أَفْوَاجًا
et que tu vois les gens entrer en foule dans la religion d’Allah,
3 فَسَبِّحْ بِحَمْدِ رَبِّكَ وَاسْتَغْفِرْهُ إِنَّهُ كَانَ تَوَّابًا
alors, par la louange, célèbre la gloire de ton Seigneur et implore Son pardon. Car c’est Lui le grand Accueillant au repentir.
Exégèse de la sourate An Nasr (110, Le Secours) par Al Utaymin
Elle a été révélée à Mina lors du pèlerinage de l’adieu.
Elle est donc considérée médinoise.
Elle est l’une des dernières sourates à être descendue après “ Le Repentir “

• « Lorsque viendra le secours victorieux d’Allah ainsi que l’ouverture -idha ja’a nasru-l-lähi wa-l fath » Le discours ici est adressé au Prophète (ﷺ).
(Lorsque viendra le secours victorieux d’Allah)
(littéralement: victoire) c’est le fait qu’Allah donne pouvoir à l’homme sur son ennemi de sorte qu’il se saisit de lui, le met en déroute et le subjugue. La victoire procure une grande joie à celui qui sort victorieux d’un combat, mais cette victoire n’est méritoire au regard d’Allah que si elle est à bon droit.
Il est établi à propos du Prophète qu’il a dit: «J’ai triomphé par la terreur sur un parcours d’un mois », c’est à dire que son ennemi est saisi de terreur alors que la distance qui les sépare est encore d’un mois de marche, or la terreur est fatale à l’ennemi, quand la terreur gagne le coeur de quelqu’un, il ne peut pas affronter son adversaire et il va même fuir à grande vitesse.
(Lorsque viendra le secours victorieux d’Allah) = « Lorsque Allah te donnera la victoire sur ton ennemi ».
(l’ouverture) est jointe au (secours victorieux) quoiqu’elle fasse partie d’elle. En fait, elle est citée en raison de son importance, c’est donc une jonction du particulier au général, comme dans la parole du Très-Haut: (en elle (la nuit du qadr) font leur descente les anges et l’Esprit, l’Esprit c’est l’ange Gabriel, il a été cité en raison de son importance.
L’article «al ( ([a] l-fath)) a été introduit avec une fonction de pronom de rappel qui renvoie à quelque chose qui est connu-al and ad-dini-, l’ouverture que les gens connaissent: l’ouverture de la Mecque. Elle a eu lieu le mois de ramadan, la huitième année de l’hégire. Elle était la conséquence de la rupture et de la trahison par les Quraysh du pacte conclu entre eux et le Prophète. Il avait préparé une armée de dix mille soldats et avait invoqué Allah : – O mon Dieu, fais que les Quraysh nous perdent de vue, qu’ils restent sans nouvelles de nous et de ce que nous projetons, afin que nous fondions sur eux à l’improviste dans leur territoire ». Il fut exaucé et il entra à la Mecque victorieux et jouissant du soutien et de l’assistance divine.
Quand les non-croyants de Quraysh se réunirent autour de lui alors qu’il tenait les deux poteaux de la porte de la Ka’ba, il s’adressa à eux : » -Qu’avez-vous à dire, et que pensez-vous ?. Ils répondirent « Nous disons et pensons que tout est bien : un noble et généreux frère, fils d’un noble frère !
C’est à toi qu’il appartient donner Le Prophète leur dit :
« Je ne vous dis que ce qu’a dit Joseph à ses frères: Il ne vous sera fait ce jour ni blâme ni reproche. Qu’Allah vous pardonne) Sourate XII Verset 92 . Partez ! Vous êtes libres et Il leur pardonne.
Cette-ouverture, Allah l’a appelée ouverture éclatante » ; II a, en effet dit :
( C’est bien Nous qui avons ouvert pour toi l’ouverture éclatante) Sourate XLVIII Verset 1. C’est-à-dire la victoire éclatante ». Quand les gens en arrivèrent à remarquer que finalement la victoire était du côté de Mohammad (ﷺ ) et que le temps de gloire des Quraysh et de leurs alliés était révolu, (ils se mirent à entrer en masse dans la religion d’Allah), alors qu’auparavant ils entraient individu par individu, parfois l’homme n’entrait qu’en cachette
Les délégations de tous les coins de l’Arabie se mirent alors à affluer vers Médine pour déclarer leur entrée dans l’Islam, au point que l’année qui a suivi la conquête de la Mecque fut appelée l’année des délégations.
Allah-Puissant et Majestueux a demandé à Son Prophète, une fois qu’il voit ce signe (la victoire éclatante et l’entrée des gens en masse dans la religion), de glorifier par la louange son Seigneur et d’implorer Son pardon. On s’attendait à ce qu’ll lui dise : Témoigne de la gratinade à Allah et loue-Le pour ce bienfait et cette faveur, mais là
Il lui dit : ( glorifie par la louange ton Seigneur et implore Son pardon). Cela est comparable à Sa parole-exalté est-Il-(C’est bien Nous qui l’avons révélé graduellement ce Coran. Patiente donc devant la décision de ton Seigneur) Sourate LXXVI Verset 23-24.
Là aussi on s’attendait à ce qu’Allah lui dise: «Remercie ton Seigneur pour le privilège de recevoir la Révélation et acquitte-toi de son droit, mais Il lui a dit (Patiente donc devant la décision de ton Seigneur ) pour lui annoncer que les gens lui feront du mal quand il les appellera à suivre les préceptes de cette Révélation.
Quand on réfléchit bien, on déduit la raison de l’ordre d’Allah à Son Prophète de le glorifier et d’implorer Son pardon.
En effet, cela veut dire : “ Quand vient le secours victorieux d’Allah ainsi que l’ouverture, c’est là un signe de l’approche de ton terme, et il ne te reste que de glorifier ton Seigneur et d’implorer Son pardon”.
( glorifier par la louange ton Seigneur et implore Son pardon ) = exalte la transcendance de ton Seigneur d’une exaltation liée à la louange “ .
Tasbih signifie l’exemption d’Allah le Très-Haut de ce qui n’est pas digne de Sa majesté.
– hamd – c’est le fait de louer Allah en vantant Ses qualités parfaites par amour et dans un esprit de vénération.
Le Très-Haut a donc demandé à Son Prophète (ﷺ ) deux choses:
– d’exalter Sa transcendance d’une exaltation liée à la louange, – d’implorer Son pardon et Son absolution.
Le pardon d’Allah dit maghfirah consiste à cacher les péchés de Son serviteur tout en les effaçant. C’est là la première chose que cherche le serviteur, parce que ses péchés sont fréquents et il a toujours besoin du pardon d’Allah. Si Allah ne le couvre pas de Sa miséricorde, il est perdu. C’est pour cela que le Prophète () a dit : « Nul n’entrera dans le Paradis pour son action. Même pas toi, Ô Envoyé d’Allah? dirent [les compagnons]. – Même pas moi, dit-il, à moins qu’Allah ne me couvre de miséricorde de Sa part ». » Hadith authentique, rapporté par Al-Bukhârî in 35673) Muslim 286 d’après Abou Hurayra.
Ton acte [cher frère], si tu le compares à une seule des grâces d’Allah, il ne vaut pas une reconnaissance pour la moindre d’entre elles, comment alors le considérer comme une compensation par laquelle tu entreras au Paradis ?
(car Il accorde volontiers Son repentir) : Il accorde toujours Son repentir à Ses serviteurs. Quand l’un de Ses serviteurs implore Son pardon. Il lui accorde Son repentir
Cette sourate, comme nous l’avons signalé, a un sens subtil que seuls les doués d’intelligence perçoivent. Ainsi quand Umar b. al Khattab a entendu les gens le critiquer d’avoir rapproché de lui Abd Allah Abbas malgré son jeune âge en dehors des autres jeunes musulmans, il a voulu leur démontrer qu’il ne l’a pas fait par flatterie, il a réuni pour cela les anciens compagnons parmi les Emigrants et les Auxiliaires et convoqua aussi Abd Allah b. Abbás. Il s’adressa à eux en leur demandant: Comment commentez-vous la sourate:
(Lorsque viendra le secours victorieux d’Allah …) ? ». Certains commentèrent ainsi : « On nous a ordonné de louer Allah et de Lui demander pardon quand Il nous assiste et nous assure la victoire », D’autres restèrent silencieux. Alors « Umar demanda à Ibn Abbas : Penses-tu comme eux ?-Non, répondit-il. Quel est donc ton avis ?
-Il s’agit de la mort de l’Envoyé d’Allah qui lui a été annoncée en ces termes: (Lorsque viendra le secours victorieux d’Allah ainsi que l’ouverture) ce sera le signe annonciateur de ta mort, alors (glorifie par la louange ton Seigneur et implore Son pardon) » « Umar conclut alors: « Je ne connais d’autre interprétation à cette sourate que ce que tu viens de dire ».
Ainsi, les compagnons purent constater le mérite d’Ibn Abbâs et qu’il se distinguait réellement des autres par son intelligence et sa connaissance du sens de la parole d’Allah.
Depuis que cette sourate est descendue sur l’Envoyé -lui le plus fervent dans son adoration d’Allah et le plus enclin à Le craindre-, il ne cessa de répéter au cours de sa prière, incliné ou prosterné, les paroles suivantes: «O mon Dieu, je Te glorifie, mon Seigneur, en usant de la louange que Tu t’es adressée à Toi-même et Je te demande de me pardonner». Hadith authentique, rapporté par al Bukhari (0 794) et Muslim (484)
Nous te glorifions, notre Seigneur, en usant de la louange que Tu t’es adressée à Toi-même. O notre Seigneur, pardonne-nous nos péchés, nos outrances de comportement, affermis nos pas et soutiens-nous pour que nous triomphions des gens impies.
