Exégèse de la sourate 94 Ash Sharh (L’ouverture)

Au nom d’Allah le Tout Miséricordieux le très Miséricordieux


1. N’avons-Nous pas ouvert pour toi ta poitrine?

2. Et ne t’avons-Nous pas déchargé du fardeau

3. qui accablait ton dos?

4. Et exalté pour toi ta renommée?

5. A côté de la difficulté est, certes, une facilité!

6. A côté de la difficulté, est certes, une facilité!

7. Quand tu te libères, donc, lève-toi ,

8. et à ton Seigneur aspire.

Exégèse de la sourate 94 Ash Sharh (L’ouverture) par Al Uthaymin

الشرح سورة – La DilatationSourate mecquoise, descendue après « Le Jour Montant »
Elle compte 8 versets.

1. N’avons – Nous pas dilaté pour toi ta poitrine
2. et ne t’avons – Nous pas délesté de ton fardeau
3. qui te rompait le dos ?
4. N’avons – Nous pas exalté ton dhikr ?
5. Assurément à côté de la difficulté il y a une facilité
6. Assurément à côté de la difficulté il y a une facilité
7. Fais suivre toute fin d’occupation d’une activité nouvelle
8. et à ton Seigneur aspire.
Transcription
1. ’Alam Nashraĥ Laka Şadraka
2. Wa Wađa`nā `Anka Wizraka
3. Al-Ladhī ‘Anqađa Žahraka
4. Wa Rafa`nā Laka Dhikraka
5. Fa’inna Ma`a Al-`Usri Yusrāan
6. ’Inna Ma`a Al-`Usri Yusrāan
7. Fa’idhā Faraghta Fānşab
8. Wa ‘Ilá Rabbika Fārghab
La basmalah a été déjà expliquée
Allah – exalté et élevé soit-Il – exposant Ses Bienfaits sur Son Prophète صلى الله عليه وسلم lui a dit : « N’avons –
Nous pas dilaté pour toi ta poitrine » : Il s’agit dans ce verset d’une interrogation mais comme
disent les savants c’est une affirmation sous forme interrogative – istifhâmu taqrîr – une forme qui
est fréquente dans le Qu’ran.
Le verbe dans ce verset « nashrah » (qui est au présent -mudâri’-) est pris dans le sens du même
verbe au passé de la particule « qad »
Dans Sa parole : « alam nashrah laka sadrak », on considère que le sens est : « qad sharahnâ laka
sadrak » (« Nous avons certes dilaté pour toi ta poitrine ») parce que Allah affirme ici (par la
particule « qad » que nous avons traduite ici par « certes ») qu’Il a dilaté sa poitrine. Ainsi toute
affirmation sous forme interrogative est prise dans le sens d’un verbe au passé précédé de la
particule d’affirmation « qad ». Concernant le fait que le verbe soit transformé par le même verbe
au passé, c’est parce que la chose a été déjà accomplie et qu’elle s’est réalisée. Quant au fait qu’il
soit précédé de la particule « qad », c’est parce que cette particule introduit une affirmation
-tahqîq- quand elle est avant un verbe au passé. Si elle précède un verbe au présent, elle
introduit la rareté ou l’affirmation.
Ainsi dans la parole que répètent souvent le gens du commun : « qad yajûdu l bakhîl (des fois
l’avare fait preuve de générosité) », la particule « qad » introduit la rareté. Dans la parole du Très –
Haut : « qad ya’lamu mâ antum ‘alayh (Allah connaît fort bien vos convictions) », la particule
« qad » introduit sans aucun doute une affirmation.
« N’avons – Nous pas dilaté pour toi ta poitrine » : Cette dilatation est une dilatation spirituelle
et non matérielle. Cela consiste à rendre sa poitrine ouverte à l’ordre d’Allah dans ses deux
types : l’ordre religieux et l’ordre ontologique qui se manifeste par les malheurs qui frappent
l’homme.
Certes, pour ce conformer à l’ordre religieux, il faut lutter contre son âme. L’homme trouve en
effet pénible l’exécution des ordres d’Allah et l’éloignement de Ses interdits parce que cela va à
l’encontre des passions de l’âme. Le côté instigateur du mal de l’âme n’accepte pas les ordres
d’Allah et Ses interdits. Certaines personnes trouvent pénible l’accomplissement de la prière,
comme a dit le Très-haut au sujet des hypocrites : « Lorsqu’ils se disposent à faire la prière, ils
se lèvent avec paresse ». Sourate An Nûr verset 64.
D’autres trouvent du plaisir à accomplir la prière, notamment le Prophète صلى الله عليه وسلم qui disait : « Allah a
fait de la prière la fraîcheur de mes yeux ».
Donc l’âme trouve contraignante la conformité à la religion, comme l’éloignement des interdits.
Parmi les gens il y a ceux qui désirent certaines choses interdites comme la fornication et la
consommation du vin par exemple, et ont du mal à s’en abstenir.
Ceux-là doivent prendre l’exemple de Joseph (alayhi salam) quand la femme du roi a cherché à
l’attirer à elle. Elle porta ses plus beaux habits et s’est faîte belle, puis quand elle l’appela et
s’isola avec lui, elle ferma les portes et lui dit : « Je suis à toi », mais il dit « Allah m’en préserve ».
Il demande à Allah de le préserver contre cet interdit parce que la situation était gênante : lui un
jeune homme et elle, la femme du roi dans un endroit vide et sûr.
Corroborant cela, le hadith du Prophète صلى الله عليه وسلم suivant : « Sept espèces d’hommes à qui Dieu
offrira un ombrage en Son ombre un jour en lequel il n’y aura pas d’ombre sinon la Sienne :
un imâm juste, un jeune homme croissant dans l’adoration de Dieu, un homme dont le coeur
est attaché aux mosquées, deux hommes qui s’aiment en Dieu, ils se sont unis dans cet
amour et se sont séparés ainsi, un homme qui dit, alors qu’une femme fortunée et d’une
grande beauté, cherche à l’attirer vers elle : « Je crains Dieu », un homme qui fait l’aumône
avec tant de discrétion que sa main gauche ignore ce que sa main droite dispense, un
homme qui évoque Dieu dans la solitude et dont les yeux débordent ».
Donc, avoir la poitrine dilatée devant l’ordre religieux signifie l’accepter et s’y conformer. Cette
dilatation de la poitrine devant l’ordre religieux varie d’un individu à l’autre, et même chez le
même individu cette dilatation varie d’un moment à l’autre, des fois il trouve que son coeur est
ouvert à l’adoration, il l’accomplit avec une grande facilité et dans un esprit de soumission et de
sérénité, mais des fois, si ce n’était pas par crainte du châtiment, il ne l’accomplirait même pas.
Quant à la dilatation de la poitrine devant l’ordre relatif au décret, l’homme dont Allah ouvre la
poitrine à l’ordre ontologique issus de la création, du vouloir et du décret vit toujours dans la paix
et la sérénité, il lui arrive de souffrir d’un malheur mais il ne va pas jusqu’à se consterner et
s’endeuiller ; le Prophète صلى الله عليه وسلم a en effet dit : « Etonnante vraiment est l’affaire du croyant ! Son
affaire tout entière lui est favorable, privilège qui n’est réservé qu’au croyant. En effet ,
quand un bonheur lui arrive, il témoigne de gratitude et ceci est un bien pour lui. Quand un
malheur le frappe, il patiente et c’est aussi un bien pour lui ».
Donc la dilatation de la poitrine consiste à l’ouvrir et à le prédisposer aux lois d’Allah, qu’elles
soient religieuses ou ontologiques. Notre Prophète صلى الله عليه وسلم en a donné le meilleur exemple. Il était
parmi les hommes le plus enclin à craindre Allah, le plus enclin à accomplir les actes d’obéissance,
le plus patient devant les implications douloureuse du décret d’Allah. Son peuple lui a fait
beaucoup de mal quand il a commencé la prédication. L’épreuve qu’il subissait lors des maladies
est deux fois plus violentes que celle d’un homme ordinaire. Cela afin qu’il obtienne la plus
grande rétribution de la patience.
Ibn Mas’ûd (rahimahu Allah) rapporte : « J’entrai chez le Prophète صلى الله عليه وسلم alors qu’il souffrait d’un forte
fièvre. Je lui dis : « Je vois que tu souffres douloureusement de cette fièvre. » Il répondit : « Oui je
souffre autant que deux hommes (littéralement : deux hommes choisis parmi vous) ». Même lors
de l’agonie, il était pris de douleurs intenses afin de mériter, une fois qu’il quitte ce monde, la
meilleure place des gens patients, car la patience est située à une marche élevée de l’échelle de
la vertu, c’est pour cela que les prophètes sont les hommes les plus exposés aux épreuves,
viennent ensuite les vertueux, puis les autres selon leur degré de piété.
« N’avons – Nous pas dilaté pour toi ta poitrine, et ne t’avons – Nous pas délesté de ton
fardeau » : Quelqu’un dire peut-être : Entre les deux phrases il y a une discordance. Dans la
première phrase, le verbe est au présent (« nashrah ») alors que dans la deuxième phrase, le
verbe au passé (« wada’nâ (avons délesté) »).
Réponse :
Comme nous l’avons détaillé ci-dessus, Sa parole : « alam nashrah » est prise dans le sens « qad
sharahnâ » (au passé). Donc le verbe « wada’na » est joint à un verbe qui est conjugué au même
temps.
« ne t’avons – Nous pas délesté de ton fardeau ?» : signifie « Nous t’avons débarrassé de tes
fautes, Nous les avons remises et Nous t’avons pardonné ».
« Qui te rompait le dos » : c’est à dire qu’il lui pesait sur le dos et lui faisait mal. Le dos est cité ici
parce que c’est sur lui qu’on met une charge lourde. C’est la partie du corps qui supporte le plus
de charges. Nous pouvons faire l’explication nous-même ; si par exemple nous portons une
charge sur le dos puis que nous portons avec les mains, nous sentons la différence.
Le sens en est qu’Allah le Très -Haut a pardonné à Son Prophète ses fautes qui constituent pour
lui un lourd fardeau, le rendant ainsi propre de tout péché, comme Il l’a dit dans cet autre verset :
« C’est bien Nous qui t’avons accordé une victoire éclatant, et aussi qu’Allah te pardonne tes
péchés passés et futurs ».
Ainsi quand les compagnons virent que le Prophète صلى الله عليه وسلم passait ses nuits en prière jusqu’à ce que
ses pieds se gonflent, ils dirent : « Pourquoi agir ainsi alors qu’Allah t’a pardonné tes péchés
antérieurs et tes péchés à venir ? » il répondit : « Pourquoi ne pas me montrer en serviteur
reconnaissant? ». Donc le pardon des péchés antérieurs et des péchés à venir du Prophète صلى الله عليه وسلم
est affirmé par le Coran. Personne ne voit ses péchés passés et futurs pardonnés sauf l’Envoyé
d’Allah صلى الله عليه وسلم .Certes Allah pardonnera à certains d’entre nous les péchés qui sont moins graves que
l’associationnisme sans qu’ils ne s’en repentent, mais en ce qui concerne l’Envoyé d’Allah صلى الله عليه وسلم , le
pardon de ses péchés passés et futurs est chose déjà admise.
Quelqu’un objectera peut être : Ce verset et ce que vous venez de dire prouvent que le Prophète
صلى الله عليه وسلم commet des fautes.
Réponse :
Cela est vrai et nous ne pouvons pas rejeter les textes qui le prouvent pour la simple raison que
nous ne pouvons pas concevoir que le Prophète صلى الله عليه وسلم puisse commettre une faute. En plus, dirons
nous, l’important c’est que l’homme voit ses fautes pardonnées, quant à l’infaillibilité, le Prophète
صلى الله عليه وسلم a dit : « Tous les fils d’Adam commettent des fautes, mais les meilleurs d’entre eux sont
ceux qui sont enclins au repentir ».
Il faut toutefois souligner un point, c’est qu’il existe des fautes que les prophètes ne commettent
jamais, comme le mensonge et la trahison. Penser que de telles choses pouvaient être commises
par eux, reviendrait à mettre en doute leur Message. On peut en dire autant pour les mauvaises
moeurs comme la fornication par exemple, parce que cela est compatible avec le fondement
même du Message prophétique ; le Prophète صلى الله عليه وسلم dit, en effet : « J’ai été envoyé pour parfaire
les nobles vertus ».
L’essentiel dans tout cela est qu’Allah exalté soit-Il ait délesté le Prophète صلى الله عليه وسلم de son fardeau et
qu’Il ait indiqué que ce fardeau avait rompu son dos et l’avait fatigué. S’il en est ainsi s’agissant du
fardeau de l’Envoyé d’Allah, alors qu’en est-il du fardeau des autres ? Nous sommes chargés de
lourds péchés, mais c’est comme si nous ne portions rien. Cela est dû à la faiblesse de notre foi,
de notre manque de clairvoyance et de notre insouciance, implorons Allah de nous traiter avec
indulgence.
D’après certaines données traditionnelles, on rapporte que quand le croyant commet un péché, il
ressent ce péché comme une montagne posée sur sa tête, alors que quand l’hypocrite commet
un péché, celui-ci est à ses yeux comme une mouche qui s’est posée sur son nez et qu’il a
chassée. En effet, l’hypocrite ne s’intéresse pas à ses péchés, tandis que le croyant leur donne une
grande importance, il est toujours tourmenté par le soucis de s’en débarrasser par le repentir, la
demande de pardon, l’accomplissement des oeuvres salutaires parce que celles ci effacent les
mauvaises actions.
Donc si tu vois que ton coeur est indifférent aux péchés que tu as commis, alors sache que ton
coeur est mort, parce que le coeur vivant ne tolère pas les péchés.
Il est de notre devoir de veiller sur nos âmes et de leur demander des comptes. Si les
commerçants ne vont se coucher qu’après avoir révisé le bilan de leur commerce, en vérifiant ce
qu’ils ont dépensé et ce qu’ils ont gagné, les commerçants qui travaillent pour l’au delà doivent
être encore plus attentifs parce que le leur commerce est plus important.
Le maximum que les commerçants de ce bas monde puissent gagner de leur commerce, c’est de
vivre dans le luxe et de jouir matériellement de certaines choses, avec tous les soucis et les
inquiétudes qui les hantent.
Le commerce de l’au delà est tout à fait différent : « Vous qui croyez, vous guiderai-Je vers un
commerce qui vous sauve d’un châtiment douloureux? Croyez en Allah et en Son Envoyé et
combattez pour la cause d’Allah, de vos biens et de vos personnes, cela est préférable pour
vous, si vous le comprenez. Il vous pardonnera vos péchés et vous introduira dans les jardins
d’Eden sous lesquels les ruisseaux coulent, ainsi que dans les demeures agréables dans les
jardins d’Eden. Voila la réussite indéniable ».
Il s’agit, comme a dit le Très-Haut, d’un commerce qui sauve du châtiment et par lequel Il
pardonne les péchés et fait introduire Ses serviteurs dans les jardins d’Eden et dans les demeures
agréables, ainsi que l’a dit le Prophète صلى الله عليه وسلم » : A chaque habitant du paradis deux jardins ; tous
leurs récipients et ce qu’ils contiennent sont en or, et deux autres jardins ; tous leurs
récipients et ce qu’ils contiennent sont en argent ».
Par Allah, si l’homme restait prosterné depuis qu’il a atteint l’âge de la puberté jusqu’a sa mort, ce
serait un vil prix devant cette grande récompense. Quant le croyant médite vraiment sur ce qui
l’attend, il va certainement se dire : « Ah! Si je n’était pas né! » ou « L’essentiel pour moi est d’être
sauvé de l’enfer ». Le voila ‘Umar ibn Khattab (Qu’Allah lui fasse miséricorde) qui disait souvent :
« Si seulement j’étais un arbre qu’on couperait ! » et « Si seulement ma mère ne m’avait pas
enfanté! »
En effet, l’homme pense qu’il a acquis la foi étant donné qu’il prie, jeûne, s’acquitte de l’aumône,
fait le pèlerinage et traite bien ses parents, mais il se peut qu’il y ait dans son coeur une haine qui
entraînerait sa mauvaise fin, comme a dit le Prophète صلى الله عليه وسلم » : L’un d’entre vous accomplit les
actions des gens du Paradis jusqu’à ce qu’il n’y ait plus qu’une coudée entre lui et le paradis
puis l’écrit le précède, il accomplit les actions des gens du feu et il entre dans le Feu ».
Cela ne veut pas dire qu’il est arrivé par ses oeuvres à un point proche du Paradis, mais le vrai
sens est que quand il ne reste que peu de temps à vivre, il accomplit les actions des gens du feu
et il entre dans le feu. Quant aux actions des gens du paradis qu’il avait accomplies, c’était juste
pour se montrer devant les gens, comme le précise cet autre hadith : « L’homme accomplit les
actions des gens du Paradis d’après ce qui apparaît aux gens alors qu’il fait partie ds gens de
l’Enfer ». Devant de telles vérités, l’homme ne peut que craindre l’ostentation et l’infatuation pour
lui-même.
« N’avons – Nous pas exalté ton dhikr ? » : L’exaltation du dhikr de l’Envoyé d’Allah صلى الله عليه وسلم ne fait
aucun doute.
– Premièrement : Son nom est exalté avant chaque prière et à un endroit élevé (le minaret). Ainsi
dans l’appel à la prière – adhan- le muezzin dit : « Je témoigne que nul est en droit d’être adoré
qu’Allah et je témoigne que Muhammad est l’Envoyé d’Allah ».
– Deuxièmement : Son nom est exalté dans chaque prière lors du tashahhud à titre obligatoire,
car le tashahhud est un devoir d’obligation stricte dans lequel on prononce la profession de
foi : « Je témoigne que nul est en droit d’être adoré qu’Allah et je témoigne que Muhammad
est l’Envoyé d’Allah nul est en droit d’être adoré qu’Allah et je témoigne que Muhammad est
l’Envoyé d’Allah ».
– Troisièmement : Son dhikr est exalté dans toute adoration, parce que pour être acceptée par
Allah, l’adoration doit remplir deux conditions : la consécration de l’acte d’adoration à Allah et
la conformité à l’Envoyé d’Allah صلى الله عليه وسلم .Comme l’on sait quiconque se conforme à la Sunna se
rappelle lors de chaque adoration qu’il suit en cela l’Envoyé d’Allah صلى الله عليه وسلم ,et c’est là un des
aspects de l’exaltation de son dhikr.
« Assurément à côté de la difficulté il y a une facilité. Assurément à côté de la difficulté il y a
une facilité » : Ce verset est une bonne nouvelle par Allah (azzawajal) à l’Envoyé d’Allah صلى الله عليه وسلم et à
l’ensemble de la communauté. L’Envoyé d’Allah صلى الله عليه وسلم a rencontré beaucoup de difficultés lors de sa
mission. Les mecquois avaient fait peser beaucoup de pression sur lui. Les gens de Ta’if l’avait
accueilli avec des jets de pierres. Quand il a émigré vers Médine, il était exposé aux embuches et
aux stratagèmes des hypocrites. Mais Allah l’a assisté et lui a donné cette bonne nouvelle. C’est
comme s’Il lui disait : « Comme nous avons dilaté ta poitrine, Nous t’avons délesté de ton fardeau
et Nous avons exalté ton dhikr, de même Nous te promettons que chaque difficulté que tu
rencontreras sera suivie de facilité ».
A propos de ce verset, Ibn ‘Abbas (rahimahu Allah) a dit : « Une difficulté ne l’emportera jamais
sur deux facilités ». Il a dit cela alors que le terme « difficulté » a été cité deux fois et le terme
« facilité » a été cité aussi deux fois. Les maîtres de rhétorique ont dit : « Ce qu’a dit Ibn ‘Abbas
doit être compris comme suit : le terme « ‘usr » (difficulté) qui a été cité dans le verset n°6 est le
même « ‘usr » cité dans le verset qui le suit. Il s’agit du même « ‘usr » qui est répété deux fois, car
l’article « al » qui précède le deuxième « ‘usr » renvoie au premier.
Quant au terme « yusr », il n’est pas affecté par l’article « al », c’est à dire qu’il est indéterminé. Or
la règle dit : « Quand un nom est répété deux fois sous forme déterminée, le deuxième est le
même que le premier sauf à quelques rares exceptions, alors que si le nom a été répété deux fois
sous une forme indéterminée -nakirah-, le deuxième est autre que le premier ». Donc dans les
deux versets il y a deux facilités et une seule difficulté puisque la première est de même nature
que la deuxième.
Cette parole est une information venant d’Allah Azzawajal or Son information est la plus parfaite
et la plus véridique des informations, et Allah ne faillit jamais à Sa promesse. Donc chaque fois
que tu rencontres des difficultés, sache que la facilité viendra. Concernant les prescriptions
légales la chose est claire. Dans le cas de la prière par exemple, tu dois prier debout, mais si tu es
dans l’incapacité de prier debout, tu peux prier assis ; si tu es dans l’incapacité de prier assis, tu
peux prier sur le côté. C’est là un des aspects de la facilité.
Concernant le jeûne, si tu es en résidence fixe et que tu es dans l’incapacité de jeûner, tu as le
droit de ne pas observer le jeûne ; si tu es voyageur tu as aussi le droit de ne pas observer le
jeûne.
Concernant le pèlerinage, si tu en as les moyens, fais le, sinon le pèlerinage ne t’est obligatoire
dans ce cas, bien plus, si tuas entamé le pèlerinage et qu’un accident vient l’empêcher de
l’accomplir, tu n’as qu’à te désacraliser, dissoudre ton pèlerinage et faire un sacrifice,
conformément à ce qu’à dit Allah Le Très-Haut : « Après avoir entamé le pèlerinage ou la ‘umra,
menez les à leur terme en vue de plaire à Allah, et si vous en êtes empêchés, faites un
sacrifice à votre portée ».
Donc chaque fois que l’homme rencontre une difficulté dans l’adoration, la religion lui facilite les
choses et lui donne une issus.
Il en va de même en ce qui concerne le décret d’Allah, quand Allah décrète contre l’homme des
catastrophes et des choses pénibles, il ne doit pas désespérer, car à côté de la difficulté il y a une
facilité.
La facilité -taysîr- peut être matérielle comme par exemple le cas de l’homme qui vit à l’étroit et
qu’Allah lui facilite les moyens de subsistance et le rend riche, ou le cas de l’homme qui tombe
malade et qu’Allah guérit. Elle peut être aussi morale comme quand Allah aide l’homme à
prendre patience ; en effet il y a des choses tellement difficiles que si on les met sur des
montagnes elles l’écraseront, mais avec le soutient d’Allah elles deviennent faciles pour l’homme.
« Fais suivre toute fin d’occupation d’une activité nouvelle » : = « une fois que tu auras terminé
une tâche, efforce toi d’en entamer une autre. Ne perds pas ton temps ».
En effet, l’homme sensé est un homme sérieux et actif dans sa vie. Une fois qu’il termine une
tâche il en entame une autre et ainsi de suite, parce qu’il est conscient que le temps passe et que
personne ne peut l’arrêter. Si toutes les créatures s’unissaient pour arrêter le soleil afin de
prolonger le jour, ils ne réussiraient pas à le faire.
Au serviteur d’être actif et sérieux dans sa vie. Quand il termine un travail, qu’il s’occupe d’un
autre. Quand il termine une oeuvre qui concerne les choses de ce bas monde, qu’il s’occupe
d’une oeuvre qui concerne l’au delà, comme a dit le Très – Haut : « ô vous qui croyez, quand on
vous appelle à la prière à un moment fixe du vendredi – c’est à dire : pendant que vous êtes
dans vos tâches quotidiennes – empressez vous au dhikr d’Allah. Laissez là toute transaction :
meilleur ce sera pour vous, si vous saviez… Et une fois la prière accomplie, dispersez – vous
sur terre et quêtez une part des grâces d’Allah ». C’est de cette manière que doit vivre
l’homme, à chaque fois qu’il termine une tâche, il s’occupe d’une autre.
Quelqu’un nous dira peut-être : si je fais preuve de sérieux dans toute ma vie, je me lasserai et
m’épuiserai.
Nous répondons comme suit : Le fait que tu te reposes pour redonner du dynamisme et de la
vitalité à ton corps et à ton esprit est lui-même une occupation et une tâche.
« et à ton Seigneur aspire » : = « aspire à Allah en demandant son aide avant d’accomplir ton
oeuvre et quand tu termines cette oeuvre, aspire à Lui dans l’obtention de la récompense »
Dans Sa Parole : « et à ton Seigneur aspire », il y a une leçon en rhétorique : « et à ton
Seigneur » est lié syntaxiquement à « aspire », ce verbe étant à la fin de la phrase, or la mise du
complément – ma’mûl- avant le verbe introduit une clause restrictive -hasr- (dont la fonction est de
renforcer ce qui est mentionné et d’exclure ce que ne l’est pas), ce qui veut dire : « Dans toutes
tes affaires aspire à Allah seul » est n’aspire à personne d’autre.
Sois sûr que quand tu aspires à Allah azzawajal, Il te facilitera les choses. Beaucoup de gens
malheureusement ne gardent pas ce lien d’espoir entre eux et Allah dans les oeuvres qu’ils
accomplissent, c’est pour cela qu’ils rencontrent souvent des difficultés.
Nous implorons Allah -exalté soit – Il- de faire de nous des serviteurs qui se conforment à Ses
ordres et qui tiennent pour vraies ses informations, car Il est Omnipotent.