Exégèse de la sourate 94 Ash Sharh (L’ouverture)

Au nom d’Allah le Tout Miséricordieux le Très Miséricordieux


1. N’avons-Nous pas ouvert pour toi ta poitrine?

2. Et ne t’avons-Nous pas déchargé du fardeau

3. qui accablait ton dos?

4. Et exalté pour toi ta renommée?

5. A côté de la difficulté est, certes, une facilité!

6. A côté de la difficulté, est certes, une facilité!

7. Quand tu te libères, donc, lève-toi ,

8. et à ton Seigneur aspire.

Exégèse de la sourate 94 Ash Sharh par As Suyûtî

Sourate «  ashShra»

(L’épanouissement)[1]

                                                                                Sourate « mecquoise » [2]

Au nom d’Allah, le Tout-Miséricordieux le Très-Miséricordieux

  1. N’avons-Nous pas épanoui ton cœur ?
  2. Ne t’avons-Nous pas déchargé du fardeau 
  3. Qui accablait ton dos ?
  4. N’avons-Nous pas exalté ton nom
  5. A côté de la difficulté, il y a la facilité !
  6. Oui, à côté de la difficulté, il y a la facilité !
  7. Quand tu te libères, donc, consacre-toi,
  8. Et aspire à ton Seigneur.

Au nom d’Allah, le Tout-Miséricordieux le Très-Miséricordieux

  1. أَلَمْ نَشْرَحْ لَكَ صَدْرَكَ

N’avons-Nous pas épanoui ton cœur ?

Ô Muhammad, par la prophétie et autre.  La forme interrogative marque la confirmation (de cette faveur) [3].

2.وَوَضَعْنَا عَنكَ وِزْرَكَ

Ne t’avons-Nous pas déchargé du fardeau 

3.الَّذِي أَنقَضَ ظَهْرَكَ

Qui accablait ton dos ?

Ce verset ressemble à cet autre « Afin qu’Allah te pardonne tes péchés, passés et futurs » (48 ;2) [4]

  1. وَرَفَعْنَا لَكَ ذِكْرَكَ

N’avons-Nous pas exalté ton nom

Ton nom  est constamment associé au mien dans l’appel pour la prière, dans l’attestation de foi, dans les prêches et autres.[5]

  1. فَإِنَّ مَعَ الْعُسْرِ يُسْرًا

A côté de la difficulté, il y a la facilité !

L’aisance.

  1. إِنَّ مَعَ الْعُسْرِ يُسْرًا

Oui, à côté de la difficulté, il y a la facilité !

Le prophète  avait certes enduré de la part des idolâtres beaucoup de peines, mais par la suite des difficultés se sont dissipées et il fut victorieux[6].

  1. فَإِذَا فَرَغْتَ فَانصَبْ

« Quand tu te libères, donc, »de la prière,

« consacre-toi, »à l’invocation[7].

  1. وَإِلَى رَبِّكَ فَارْغَب

Et aspire à ton Seigneur.

Supplie-Le humblement, (Il t’exaucera)[8]

[1]  Elle tire son appellation du verset 1

[2] Cette sourate a été révélée à la suite de la sourate précédente et elle continue dans le même sillage pour rappeler au prophète  toute l’attention divine à son égard comme si c’était une même sourate. Fi zhilal al-Qur’an.

[3] Le verbe «  sharaha » (traduit par « épanouir ») signifie au sens propre : « ouvrir, disséquer » et au sens figuré « réjouir, rendre joyeux », et la quasi-totalité des exégètes l’interprètent dans ce second plan.

Remarque : Selon certains exégètes, ce verset fait allusion à l’opération qu’avait subie le prophètedurant son enfance (ou la nuit de son ascension au ciel) : Gabriel était venu à lui, lui avait lavé son cœur avec de l’eau de « zamzam »,  puis il avait remis le cœur à sa place et rempli sa poitrine de sagesse et de foi. Rapporté par Muslim et at-Tirmidhi. Ibn Kathir dit qu’il n’y a pas de contradiction entre les deux exégèses, car l’épanouissement dont il est question dans le verset résulte de cette opération. Tafsir ibn Kathir et Safwat at-tafsir.

[4] Les exégètes  expliquent que ce fardeau dont il est question ici correspond aux fautes qu’il avait commises jusque-là,  et le décharger signifie lui pardonner. Néanmoins font-ils remarquer que ce que les prophètes considèrent comme fautes de leur part sont des petites erreurs insignifiantes à nos yeux, mais que le prophète considèrent comme grave vu leur grande crainte du seigneur, tel le fait de s’être  renfrogné et détourné de l’aveugle (80 ; 1) Safwat at-tafsir.

[5]  Al-Hakim rapporte le prophète a dit : « J’ai fait pour le Seigneur une prière que j’aurais bien aimé ne pas avoir faite ! Je lui ai dit : ‘’ Ô Seigneur ! Tu as accordé à un certain prophète (Salomon) le pouvoir de soumettre le vent, à un autre (Jésus) le pouvoir de ressusciter les morts…’’ Il m’a répondu ‘’ Ne t’ai-je pas trouvé orphelin quand Je t’ai accueilli ? Ne t’ai-Je pas trouvé égaré quand Je t’ai guidé ? Ne t’ai-Je pas trouvé pauvre quand e t’ai enrichi ? Ne t’ai-Je pas épanoui le cœur, déchargé du fardeau qui accablait ton dos et n’ai-Je pas exalté ton nom’’ J’ai dit : ‘’ Oh que si, Seigneur !’’

D’après Abdallah ibn ‘Abbas et Anas Ibn Malik (qu’Allah les agrées), le Prophète (ﷺ) a dit: « La victoire vient avec la patience, le soulagement vient avec l’angoisse et la difficulté vient avec la facilité ».
(Rapporté par Ahmed, et authentifié par Cheikh Albani dans Sahih Al Jami n°6809, Hadith Sahih)
عن عبدالله بن عباس و أنس بن مالك رضي الله عنهم قال رسول الله صلّى الله عليه و سلم : – النصرُ معَ الصبرِ ، والفرَجُ مع الكرْبِ : وإِنَّ مع العسرِ يُسْرًا
(رواه أحمد و حسنه الشيخ الألباني في صحيح الجامع رقم ۶۸۰۶)

حكم : صحيح

[6]

[7]  Selon une autre exégèse : « Quand tu te libères de tes occupations, consacre-toi à l’adoration »  Tafsir Ibn Kathir

Remarque : l’expression « fansab »( traduit par « consacre-toi ») signifie selon une première approche linguistique « fatigue-toi » et selon une seconde : « lève-toi » ; les deux interprétations évoquent l’idée de se consacrer activement à l’adoration du Seigneur.

[8] Le rajout entre parenthèses est dû à l’interprétation d’Ibn ‘Abbas Tafsir al Baghawi