Exégèse de la sourate 113 Al Falaq (L’aube naissante)

Au nom d’Allah le Tout Miséricordieux le très Miséricordieux


1. Dis : « Je cherche protection auprès du Seigneur de l’aube naissante,

2. contre le mal des êtres qu’Il a créés,

3. contre le mal de l’obscurité quand elle s’approfondit,

4. contre le mal de celles qui soufflent (les sorcières) sur les noeuds,

5. et contre le mal de l’envieux quand il envie ».

Exégèse de la sourate Al Falaq par Ibn Kathir

«  Au Nom de Dieu le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux »

 

Il s’agit d’une sourate : MEDINOISE

Nombre de versets : 5

Ordre de révélation : 20

Lieu de révélation : La Mecque

 

‘uqba Ibn ‘Amir (qu’Allah l’agréé) rapporte que le Prophète ﷺ a dit un jour : « Des versets m’ont été révélés cette nuit, dont nul n’a jamais vu de pareils : « Dis : « Je recherche protection auprès du Seigneur de l’aube naissante et Dis : « Je cherche protection auprès du Seigneur des hommes ».[1]

On rapporte aussi que le même ‘uqba Ibn ‘Amir[2] (qu’Allah l’agréé) a dit : « Comme je conduisais la chamelle du Prophète , il me proposa de monter à sa place et de le laisser conduire la chamelle. Je refusai par égard pour lui, mais il réitéra sa demande. Craignant alors de commettre quelque péché en lui désobéissant , je fis comme il voulait. Puis, quand il eut repris sa place, il me dit : « Veux – tu que je t’apprenne deux des meilleures Sourates que les gens aient jamais récitées ? » Je répondis évidemment par l’affirmative, et il me dit : « Dis : « Je cherche protection auprès du Seigneur de l’Aube naissante » et «  Dis : « Je cherche protection auprès du Seigneur des Hommes ». On appela alors à la prière, et le Prophète ﷺ ﷺ y présida et récita ces deux Sourates. Quand il eut fini, il me dit en passant près de moi : « Tu as vu ? Récite ces deux Sourates chaque jour en te couchant et au réveil ».

On rapporte aussi que le même ‘uqba Ibn ‘Amir[3] (qu’Allah l’agréé) dit : « Le Prophète ﷺ m’a recommandé de réciter, à la fin de chaque prière, les deux Sourates. Dis : « Je cherche protection auprès du Seigneur de l’Aube naissante » et «  Dis : « Je cherche protection auprès du Seigneur des Hommes ».

On rapporte aussi que le même ‘uqba Ibn ‘Amir (qu’Allah l’agréé) dit : « Comme je marchais aux côtés du Prophète , celui – ci me dit : « O ‘Uqba, dis ! » Je demandai ce que je devais dire, mais il se tut. J’étais en train de prier Allah ﷻ pour que les choses n’en restent pas là quand le Prophète me dit à nouveau : « O ‘Uqba, dis ! » Je demandai encore ce que je devais dire, alors il répondit : « Je cherche protection auprès du Seigneur de l’Aube naissante ». Je récitai alors la sourate. Il me dit encore : « Dis : « Je cherche protection auprès du Seigneur des Hommes ». Je récitai également la sourate. Alors il me dit : « Nul ne saurait mieux demander une faveur à Allah ﷻ qu’en récitant ces deux sourates, et nul ne saurait mieux demander refuge auprès de Allah qu’en la récitant ».[4]

On a rapporté que le hadith de Aicha[5] (qu’Allah l’agréée), nous apprenant que le Prophète ﷺ avait l’habitude de reciter ces sourates, de souffler ensuite sur ses paumes et de les passer sur le visage, la tête et le devant du corps.

On rapporte aussi d’après Aicha (qu’Allah l’agréée), que le Prophète ﷺ avait l’habitude, lorsqu’il se sentait mal, de réciter sur soi ces deux sourates. « Quand il fut trop malade pour le faire lui – même, dit-elle, je le lui faisais en espérant bénéficier du mérite de ces deux sourates ».

Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux,

 

Dis : «  Je cherche protection auprès du Seigneur de l’aube naissante, (1) contre le mal des être qu’Il a créés, (2) contre le mal de l’obscurité quand elle s’approfondit, (3) contre le mal de celles qui soufflent (les sorcières) sur les nœuds, (4) et contre le mal de l’envieux quand il envie ». (5)

 

Pour nombre d’érudits, le mot falaq signifie l’aube naissante. Pour d’autres, il désigne les créatures. Pour d’autres enfin, il s’agit d’une demeure située en Enfer ; lorsqu’on ouvre la porte tous les hôtes de l’Enfer poussent un cri tellement est intense la chaleur qui en émane. Ibn Jarîr (qu’Allah l’agréé) penche pour le premier avis, qui nous semble également être le plus juste.

« Contre le mal des être qu’Il a créés » : Contre le mal de toutes les créatures.

« Contre le mal de l’obscurité quand elle s’approfondit » : Contre le mal que peut apporter l’obscurité quand elle tombe. Selon Az – Zuhri, c’est le moment qui suit le coucher du soleil. A ce propos, Abû Salama (qu’Allah l’agréée) rapporte que Aicha (qu’Allah l’agréée) a dit : « Le Prophète me prit un jour par la main, me montra la lune qui montait dans le ciel et me dit : « Réfugie – toi auprès de Allah contre le mal de cette obscurité quand elle s’approfondit ».[6]

Pour les tenants de la première interprétation, la lune n’est pas visée en soi, mais en tant qu’elle est le signe de la nuit, ce qui revient en définitive à ce que nous disions.

 

« Contre le mal de celles qui soufflent (les sorcières) sur les nœuds »: Il s’agit des stratagèmes adoptés par les sorcières. On rapporte[7] que l’Archange Gabriel vint trouver le Prophète ﷺ et lui demanda s’il se sentait malade. Comme il répondit par l’affirmative, l’Archange dit « Au nom d’Allah, je te prémunis contre tout mal et contre tout envieux et tout mauvais œil. Puisse Dieu te guérir ! ».

Il s’agit peut être là de la maladie dont le Prophète ﷺ souffrait à cause de l’acte de sorcellerie sont il avait été victime. Allah ﷻ le guérit et les sorciers furent dévoilés au Prophète ﷺ qui, pourtant, ne fit aucun reproche aux coupables.

On rapporte à ce propos d’après Aicha[8] (qu’Allah l’agréée) que le Prophète ﷺ fut ensorcelé au point qu’il s’imaginait avoir été chez ses femmes alors qu’il n’y était pas allé. « Or c’est là, dit Sufyân (qu’Allah l’agréé), que la sorcellerie a atteint son maximum quand elle arrive à ce degré là ». – « O Aicha (qu’Allah l’agréée), dit le Prophète ﷺ, sais – tu bien que Allah ﷻ vient de me donner la décision que je Lui avais demandée. Deux hommes sont venus vers moi : l’un deux s’est assis à mon chevet : l’autre à mes pieds. Celui, qui était assis à mon chevet dit alors à l’autre : « Qu’à donc cet homme ? – Il a été ensorcelé. – Qui l’a ensorcelé ? – Labid Ibn A’sam, un homme des Banu Zurayq, tribu alliée aux juifs, un hypocrite. – Et sur quoi ? – Sur un peigne et une mèche de fibres. – Où sont ces objets ? – Dans l’enveloppe d’une spathe de palmier de fibres, sous une dalle, dans le puit de Dharwân » – « Le prophète , ajouta Aicha (qu’Allah l’agréée) se rendit au puit afin d’en tirer ces objets. Ce puit que j’ai vu, dit le Prophète , l’eau en ressemblait à une infusion de henné : les têtes des palmiers qui l’entouraient semblaient des têtes de démons ». Et il ajouta : « Ils furent retirés. – Tu ne les as donc pas retirés ? » demanda Aicha (qu’Allah l’agréée) (ou, en d’autres termes dispersés). – Du moment, répondit – il que Allah m’avait guéri, j’ai éprouvé de la répugnance à provoquer une animosité contre les hommes ».

 

Fin de l’exégèse de la sourate L’Aube naissante (Al-Falaq)

  • A Allah ﷻ la louange et la grâce ! –

Nous l’implorons de nous accorder le succès et de nous préserver de l’erreur.

[1]     Muslim (814).

[2]     Authentique par les hadith qui témoignent en sa faveur. Voir aussi An-Nasâ’i (8/250-251-252).

[3]     Bon ; cité par Abû Dâwûd (2/181) et An-Nasâ’i (3/69).

[4]     Bonne chaîne de rapporteurs. Cité par An-Nasâ’i (8/253).

[5]     Authentique.

[6]     Bon. Cité par At – Tirmidhi (9/302) et Ahmad (6/61 – 206 – 237).

[7]     Cité par Muslim (avec An – Nawawi 14/170).

[8]     Al Bukhari (5765).