Exégèse de la sourate 92 Al Layl (La Nuit)

Au nom d’Allah le Tout Miséricordieux le très Miséricordieux

1. Par la nuit quand elle enveloppe tous!


2. Par le jour quand il éclaire!

3. Et par ce qu’Il a créé, mâle et femelle!


4. Vos efforts sont divergents.


5. Celui qui donne et craint (Allah)


6. et déclare véridique la plus belle récompense


7. Nous lui faciliterons la voie au plus grand bonheur.


8. Et quant à celui qui est avare, se dispense (de l’adoration d’Allah),


9. et traite de mensonge la plus belle récompense,

10. Nous lui faciliterons la voie à la plus grande difficulté,


11. et à rien ne lui serviront ses richesses quand il sera jeté (au Feu).

12. C’est à Nous, certes, de guider;


13. à Nous appartient, certes, la vie dernière et la vie présente.

14. Je vous ai donc avertis d’un Feu qui flambe

15. où ne brûlera que le damné,


16. qui dément et tourne le dos;


17. alors qu’en sera écarté le pieux,


18. qui donne ses biens pour se purifier


19. et auprès de qui personne ne profite d’un bienfait intéressé,


20. mais seulement pour la recherche de La Face de son seigneur le Très-Haut .


21. Et certes, il sera bientôt satisfait!

Exégèse de la sourate Al Layl par Saadi

Commentaire de la sourate Al-Layl (La Nuit)

Une sourate révélée à la Mecque :

Au Nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux :

1-21. « Par la nuit quand elle étend son obscurité, par le jour quand il répand sa clarté et par ce qu’Il a créé comme mâle et comme femelle ! En vérité, il y a de profondes divergences entre les buts que vous poursuivez ! A celui donc qui est charitable et pieux, qui ajoute foi à la bonne parole d’Allah, Nous faciliterons l’accès vers le bonheur ; mais à celui qui est avare et plein de suffisance, qui traite de mensonge la bonne parole du Seigneur, Nous faciliterons l’accès vers le malheur, et ses richesses ne lui auront à rien servi quand il sera dans l’abîme précipité ! Certes, c’est à Nous d’indiquer la bonne voie. Certes, c’est à Nous qu’appartiennent la vie future et la vie d’ici-bas. Et Je vous ai déjà mis en garde contre le Feu qui flamboie, que seule aura à affronter le plus misérable des hommes, qui aura rejeté la Révélation et tourné le dos à la foi. Cependant, de ce Feu sera épargné le croyant plein de piété, qui fait l’aumône de ses biens pour se purifier et non en échange d’un bienfait dont il aurait bénéficié ; mais uniquement pour plaire à son Seigneur, le Très Haut. Celui-là sera assurément satisfait de la récompense qui lui sera attribuée ».

Allah jure ici par le temps au cours duquel surviennent les actes des êtres humains, en fonction de leurs situations, en disant : « Par la nuit quand elle étend son obscurité », c’est-à-dire qu’elle répand son obscurité sur toutes les créatures qui se dirigent, toutes, vers leurs demeures ou leurs refuges, pour se reposer de leur fatigue et de leur peine.

« Par le jour quand il répand sa clarté » au profit des créatures qui s’éclairent avec sa lumière et se répandent sur la terre pour s’adonner à leurs activités.

« Et par ce qu’Il a créé comme mâle et comme femelle ». La sagesse en cela est que le Très Haut a créé de toute espèce d’animaux dont Il veut la survie, un mâle et une femelle, afin que l’espèce reste et ne disparaisse pas et poussé l’un vers l’autre au moyen du désir. Il a fait aussi en sorte que chacun d’eux soit conforme à l’autre. Gloire à Allah le Meilleur des créateurs.

Sa parole : « En vérité, il y a de profondes divergences dans les buts que vous poursuivez ». C’est-à-dire que votre parcours dans ce monde, ô vous les êtres astreints à la responsabilité (moukallafoûn), est très différent, et ce en fonction de la diversité des mêmes œuvres, de leur valeur et de l’effort qui y est entrepris de même que du but recherché à travers ces actes ; est-ce la recherche de la Face d’Allah le Très Haut, l’Eternel ? Auquel cas, ce parcours reste en fonction de Sa permanence et son auteur en tirera profit ; est-ce plutôt la recherche d’un but éphémère ? Auquel cas, ce parcours devient caduc avec la caducité de son but et disparaît avec sa disparition. Il en est ainsi de toute œuvre qui est faite pour autre chose que la Face d’Allah.

C’est pour cela que le Très Haut a donné la préférence à ceux qui agissent en décrivant ainsi leurs œuvres : « A celui donc qui est charitable», en s’acquittant de ce qui lui est ordonné comme actes d’adoration à caractère financier, comme la zakât, les expiations, les dépenses, les aumônes et tous les déboursements dans les voies du bien ; il en est ainsi des actes d’adoration physique, comme la prière, le jeûne et autres ou des actes qui sont composés des deux choses, comme le pèlerinage, la ‘Oumra par exemple.

« Et pieux », en évitant tout ce qui lui a été interdit comme péchés sous leurs diverses formes.

« Qui ajoute foi à la bonne parole d’Allah ». C’est-à-dire qui a attesté qu’il n’y a de dieu qu’Allah avec tout ce que cela comporte comme dogmes religieux et tout ce qu’elle implique comme rétribution posthume.

« Nous faciliterons l’accès vers le bonheur ». C’est-à-dire que Nous lui faciliterons toutes ses affaires en l’aidant à emprunter la voie du bien et à se détourner de celle du mal, car il mit en applications les moyens de la facilitation, et Allahﷻlui a facilité les choses.

« Mais à celui qui est avare », en refusant de s’acquitter de ce qui lui est ordonné et en refusant de faire les dépenses obligatoires et facultatives, en obéissant aux désirs de son âme qui refuse de faire ce qu’Allahﷻordonne.

« Et plein de suffisance », en croyant se suffire d’Allahﷻ. Il abandonna donc Son adoration en ne se croyant pas pauvre d’une extrême pauvreté devant son Seigneur, oubliant qu’il n’existe pas de salut, de délivrance et de réussite pour son âme que d’avoir Allahﷻcomme son Bien-aimé et Son adoré, qui est Son but et vers Lequel elle se tourne.

« Qui traite de mensonge la bonne parole du Seigneur ». C’est-à-dire tout ce en quoi Allah ﷻa ordonné aux hommes de croire comme préceptes et dogmes religieux.

« Nous faciliterons l’accès vers le malheur », c’est-à-dire vers la situation de gêne et vers les mauvaises mœurs, de façon à ce que le mal lui soit facile et désirable où qu’il se trouve. Puisse Allahﷻnous en préserver.

« Et ses richesses ne lui auront servi rien », c’est-à-dire que ses richesses et biens qui lui ont permis d’être arrogant et de faire preuve de suffisance et d’avarice, ne pourront pas l’accompagner dans sa mort, car seules ses bonnes œuvres l’accompagneront et lui serviront dans l’au-delà. Bien plus, ses biens, qu’il n’a jamais purifiés par les dépenses obligatoires, seront un désastre et une nuisance pour lui dans son au-delà.

« Certes, c’est à Nous d’indiquer la bonne voie ». C’est-à-dire que la guidance dans la voie droite conduit vers Allahﷻet fait obtenir Sa satisfaction. Quant à l’égarement, c’est une voie obstruée qui ne mène que vers le châtiment douloureux.

« Certes, c’est à Nous qu’appartiennent la vie future et la vie d’ici-bas », que ce soit par la propriété ou par la manière d’en disposer, et personne n’est associé à Lui en cela ; Il incite donc les aspirants à Lui dans leur quête et les empêche d’avoir tout recourt aux créatures.

« Et Je vous ai déjà mis en garde contre le Feu qui flamboie, que seule aura à affronter le plus misérable des hommes, qui aura rejeté la Révélation et tourné le dos à la foi ». C’est-à-dire qui a traité de mensonge la Révélation et s’est détourné d’elle.

« Cependant, de ce Feu sera épargné le voyant plein de piété, qui fait l’aumône de ses biens pour se purifier ». C’est-à-dire celui dont le but est de purifier son âme de tous les péchés et défauts, en recherchant Face d’Allah.

Ce verset indique que si une dépense facultative implique l’abandon d’une chose obligatoire, comme une dette ou une dépense obligatoire par exemple, elle devient illégale ; bien plus, cette dépense est Irrecevable aux yeux de nombreux savants, car l’homme ne peut pas se purifier en faisant une chose facultative au détriment d’une chose obligatoire.

« Et non en échange d’un bienfait dont il aurait bénéficié ». C’est-à-dire que personne parmi les créatures n’a de faveur sur cet homme pieux sans qu’il ne s’en soit acquitté ; bien plus, c’est lui qui possède des faveurs et des bienfaits envers les gens ; il devient alors un serviteur exclusif d’Allahﷻ, car c’est Lui le Seul dont les bienfaits et les dons sont désintéressés d’une façon exclusive.

Par contre, celui qui reste redevable aux gens d’un quelconque bienfait sans le récompenser, celui-là restera toujours à leur merci et leur fera ce qui entachera son dévouement et sa sincérité.

Certes, ce verset a été révélé au sujet d’Aboû Bakr le véridique ; bien plus, il a été dit qu’il fut révélé à cause de lui. Celui-ci n’était redevable d’aucun bienfait méritant d’être récompensé de quiconque y compris du Prophète ﷺ, à part le mérite de l’appel à l’Islam et la guidance vers la voie de la Vérité. Il est vrai que dans cette optique, Allahﷻet Son Messager ﷺ ont un mérite sur tout un chacun, un mérite qui ne peut ni être rendu ni récompensé. Aussi, ce verset peut s’appliquer à quiconque s’imprègne de ces caractéristiques et s’acquitte de tous les bienfaits et dons des créatures pour faire en sorte que ses actes soient sincères et dévoués à la Face d’Allahﷻ.

C’est pourquoi Il a dit : « Mais uniquement pour plaire à son Seigneur, le Très Haut ; celui-là sera assurément satisfait de la récompense qui lui sera attribuée ». C’est-à-dire que cet homme pieux sera satisfait et comblé de ce qu’Allahﷻlui donnera comme divers genres de dons et récompenses.